Pour sa première édition à trois jours, le Ronquières Festival est décidé à frapper fort et à toucher le public le plus large. Snow Patrol, annoncé pour le dimanche 7 août, ravira les quarantenaires portés sur le rock. Julien Doré, qui clôturera le samedi 6 août, fera chavirer les cœurs des trentenaires amateurs de chanson française. Et pour la journée d’ouverture, c’est un public plus jeune et plutôt fan de rap qui devrait trouver son bonheur avec Orelsan. Le rappeur français originaire de Caen foulera pour la première fois une des scènes au pied du plan incliné pour une prestation qui devrait tout réunir pour rentrer dans l’histoire du festival de Ronquières.

Car Orelsan est un artiste en pleine bourre, dont seul l’avenir nous dira s’il est en train de vivre l’apogée de sa carrière, entamée au début des années 2000 au sein du duo Casseurs Flowters, qu’il forme avec son pote Gringe. C’est sur le préhistorique réseau social Myspace qu’il diffuse ses premiers méfaits, enregistrés en parallèle de petits boulots alimentaires. Via la plateforme, il se constitue une petite base de fidèles avant de se faire connaître d’un plus large public à la sortie de son premier album, "Perdu d’Avance", où apparaît notamment Ron Thal, guitariste des Guns’N’Roses à l’époque. Son image de cancre du fond de la classe contrebalance un flow et des punchlines dévastatrices qui mettent la puce à l’oreille des programmateurs. Son public s’élargit et les médias ouvrent leurs portes. Son deuxième album, “Le Chant des Sirènes”, assoit une notoriété qui ne se démentira plus. Il enfonce le clou avec “La Fête est finie” en 2017, certifié disque de diamant, qu’il réédite un an plus tard avec un bonus de 11 nouvelles chansons, baptisé Épilogue.

Après une année de pause, il crée l’événement en cette fin d’année avec son dernier album “Civilisation”, sorti la semaine dernière et dont le single “L’Odeur de l’Essence “cumule des millions d’écoutes sur les plateformes de streaming. Cet album aux accents parfois très politiques a été précédé de la sortie de la série-documentaire “Montre Jamais ça à Personne”, qui dévoile un artiste dont la maladresse des débuts était compensée par une volonté et une détermination à toute épreuve.

C’est donc une sacrée personnalité que Ronquières se réjouit d’accueillir. “Orelsan c’est la déferlante rap dans toute sa puissance. Simple. En imposant son flow monocorde et nonchalant. Basique. Et plus rien ne semble l’arrêter”, décrit l’organisation du festival, qui pointe “une chose qui n’a pas changé avec le temps : ses textes sont toujours aussi doux qu’un verre de vodka à 8 heures du mat’.”

Les tickets sont en vente depuis ce jeudi sur www.ronquieresfestival.be. N’attendez pas la dernière minute, notre petit doigt nous dit qu’il n’y en aura pas pour tout le monde. Et préparez déjà votre plus beau survêt’.

Ugo Petropoulos