Alors que les congés d'automne se font attendre avec la plus grande impatience, plusieurs communes wallonnes ont pris la décision de les anticiper en fermant préventivement toutes leurs écoles communales. C'est notamment le cas à Chapelle-lez-Herlaimont. Et certains aimeraient que La Louvière emboîte le pas. "Depuis plusieurs jours, des parents d’élèves inquiets par l’évolution de la situation sanitaire interpellent les directions scolaires et les autorités communales afin de procéder à la fermeture des établissements", explique le Collège communal.

Le Collège communal n’entend cependant pas généraliser la fermeture des établissements scolaires au-delà des situations qui l’exigent. "D’emblée, rappelons qu’il n’appartient pas aux Communes d’appliquer des mesures linéaires (fermeture des toutes les écoles) ce qui constituerait une infraction avec le Code de l’Enseignement et l’Obligation scolaire. Et si, à La Louvière, certaines écoles ont été fermées ponctuellement pour des cas de force majeure, c’est principalement parce que, faute d’encadrement suffisant, l’établissement ne pouvait garantir une prise en charge des enfants."

Les cours seront donc encore assurés jusqu'à vendredi après-midi. La Ville de La Louvière se justifie via le croisement de diverses approches et leur synthèse. "Sur le plan sanitaire d’abord, si les enfants peuvent bien entendu être porteurs du virus, les experts sanitaires ainsi que les pédiatres nous assurent qu’ils ne sont pas les moteurs de l’épidémie. Sur le plan de la socialisation, les experts sont unanimes pour affirmer qu’une fermeture d’école peut entraîner des conséquences sur la santé mentale des enfants en lien avec le manque de cohésion sociale collective : ils ont besoin de liens sociaux, d’amis, de relations avec l’autre pour grandir, s’épanouir et s’émanciper."

En ce qui concerne les apprentissages, le Collège communal ne veut pas creuser les écarts. "Le confinement a fait de réel dégâts. En raison de la fracture numérique, en raison des inégalités qui ne permettent pas partout le même suivi permanent qu’à l’école, en raison des conditions de vie qui font que chaque enfant ne peut disposer partout d’un endroit pour s’isoler et travailler. Les enseignants font état d’un niveau parfois alarmant des élèves et d’un risque de décrochage scolaire accru auquel nous devrons apporter des réponses."

Selon le bourgmestre et les échevin, la première de celles-ci est de maintenir les écoles ouvertes. "Si la situation sanitaire l’exigeait, si les mesures des Gouvernements fédéraux, régionaux et communautaires nous y contraignaient, le Collège communal reverrait ces dispositions dans le sens de la meilleure adéquation à une réalité difficile. Mais aujourd’hui, le maintien de l’ouverture des écoles lui parait la meilleure réponse à la situation de désarroi des enfants et des parents dont beaucoup, on l’oublie trop souvent, ne disposent pas de moyens de garde supplétifs pour leurs enfants."