Seul député fédéral de la région du Centre concerné géographiquement par le projet Boucle du Hainaut, c'est tout naturellement que Patrick Prévot (PS) suit de très près ce dossier. Ce jeudi, il n'a pas caché sa stupéfaction en prenant connaissance de la lettre envoyée par la ministre fédérale de l'énergie Tinne Van der Straeten (Groen) au ministre wallon de l'aménagement du territoire Willy Borsus (MR).

Dans ce courrier, reçu par Willy Borsus le 17 novembre dernier, la ministre affirme en effet clairement sa position par rapport à la Boucle du Hainaut. "Je suis très surpris par cette réponse", assure Patrick Prévot. "Car lorsque je l'ai interrogée le 6 décembre sur ce même dossier, elle s'était contentée d'une réponse très factuelle sans donner son avis."

Elle avait en effet explique que "ce projet répond à quatre besoins : assurer un accès compétitif à l'énergie, augmenter les capacités d'accueil du renouvelable, soutenir l'attractivité de la Wallonie et soutenir l'approvisionnement des consommateurs", en ajoutant que "la dernière version du plan de développement du réseau de transport d'électricité reconnaît ce projet comme un corridor important et indispensable. En Hainaut, le réseau électrique actuel de 150 kV arrive à saturation."

"Mais voilà que cette réponse envoyée deux semaines plus tôt au ministre Borsus refait surface (NdlR : après que le député wallon François Desquesnes ait interpellé Willy Borsus à ce sujet mardi), on a vraiment l'impression qu'elle est passée à un cran supérieur. Cela ressemble davantage à un plaidoyer pour le projet qu'à un avis d'initiative simple. C'est vraiment particulier qu'elle tienne deux discours si différents en deux semaines d'intervalle."

Le Sonégien a donc décidé d'interpeller la ministre fédérale dès que possible à ce sujet pour faire toute la lumière. "On avait reçu une réponse très factuelle en ayant l'impression qu'elle suivait le dossier de loin. Mais finalement, on se rend compte que son avis est bien différent. Je souhaite l'interroger pour notamment savoir si elle se base sur d'autres études que celles d'Elia. Mais aussi si elle compte demander à Elia de tenir compte des nombreux griefs demandés par les citoyens. Il ne faut pas uniquement se satisfaire des études fournies par Elia."

C'est d'ailleurs ce que fait le Gouvernement wallon actuellement, avec Willy Borsus en pôle position en tant que décideur principal de l'octroi ou non de la révision du plan de secteur demandée par Elia. "On a l'impression que le Gouvernement wallon tente de ramener la sérénité dans le dossier en se basant sur des éléments factuels, en rencontrant et en écoutant de nombreuses personnes. Je tiens d'ailleurs à souligner la démarche proactive du ministre Borsus. Et puis on la ministre fédérale qui se base uniquement sur les dires d'Elia et avance que ce projet est une nécessité absolue. Alors que, en ayant moi-même discuté avec de nombreux spécialistes, il existe bien des alternatives."