Un jardin partagé à la place d’un projet immobilier. C’est ce que propose le collectif Jardin Albecq depuis maintenant quelques années sur le terrain appartenant au CPAS. Le 11 décembre 2020, le collectif adressait une pétition aux citoyens de Braine-le-Comte qui ne veulent pas de la privatisation de l’espace public. En quatre mois, elle a récolté plus d’un millier de signatures.

Plusieurs Brainois ont ainsi montré leur soutien envers les actions du collectif, mais aussi des citoyens d’ailleurs. "J’ai habité Braine-le-Comte pendant deux ans", précise Estelle, qui réside désormais à Bruxelles. "Je n’y suis peut-être plus, mais j’étais déjà contre le projet lors des premières discussions avec le promoteur. J’ai l’impression que le schéma se reproduit et signer cette pétition, c’est montrer que je n’abandonne pas mes anciens voisins."

Le torchon brûle depuis plus de trois ans, concernant ce terrain situé entre la rue Fernand Bottemane et l’institut Notre-Dame de Bonne Espérance. Le CPAS qui avait repris la parcelle en 2007, souhaite désormais la vendre. Le promoteur, Sobatra, s’est montré très intéressé pour un futur projet immobilier. Un possible rachat qui fait bondir les quelques citoyens du quartier. "Nous ne voulons en effet pas de constructions démesurées ni d'une bétonisation de la dernière poche de biodiversité au sein de notre quartier", écrit le collectif. "Nous voulons que celle-ci soit au contraire préservée. Nous voulons également un lieu où expérimenter la démocratie, où se réapproprier un pouvoir d’agir sur nos vie et notre environnement, où nous pouvons laisser libre court à l’expérience d’alternatives en matière écologique et sociale."

Les citoyens ont l’intention de recréer du lien social dans leur quartier et faire naitre des solidarités. Le collectif a pour ambition d’y développer des activités comme une forêt-jardin, un potager, des formations aux adultes etc. "Nous proposons donc au CPAS de céder le terrain aux habitants de Braine-le-Comte (ou faute de vouloir le céder gratuitement de le vendre) pour en faire un lieu de vie et de rencontre pour tous les Brainois. Tout le monde est le bienvenu pour amener sa pierre à l’édifice et partager ses idées et ses savoir-faire", déclare le collectif.

Même si le but est d’atteindre les 2000 signatures, plusieurs Brainois souhaitent ouvrir un crowdfunding pour récolter une somme d’argent. Ce financement participatif est de plus en plus utilisé par les particuliers, et les associations-collectifs, lorsque les fonds ne suffisent pas. Le collectif encourage donc les Brainois à signer la pétition. "Nous demandons votre soutien pour montrer aux instances de la commune et du CPAS que les citoyens sont bien conscients des enjeux de demain et des différentes crises que nous vivons, qu’il est urgent de les laisser tenter de répondre à ces enjeux en favorisant l’implication de toutes et tous."