Entre la commune d'Ecaussinnes et certaines entreprises situées dans le zoning de Feluy, l'entente n'est pas toujours au beau fixe. En cause: les nuisances et les pollutions que certaines d'entre elles occasionnent. Deux ans avant la récente pollution à la mousse qui a touché la Sennette, une autre pollution a empoisonné la vie du cours d'eau: celles des billes de plastique, qui ont été retrouvées sur plusieurs kilomètres de berges en janvier 2020.

Cette pollution avait amené la commune d'Ecaussinnes à durcir le ton et à renforcer les conditions d'exploitation des entreprises concernées par ce dossier, qui fabriquent et transportent les pellets polymères et situées à proximité des points de contamination identifiés. Cette procédure dite "Article 65", permet de modifier des conditions particulières d'exploitation d'un établissement en vertu d'un arrêté ministériel du 6 juin 2019. Elle avait été initiée en juillet et visait à encadrer plus drastiquement les activités des entreprises fabriquant des billes en polymère et procédant à leur transport. Les entreprises Total Petrochemicals, Katoen Natie, Vos Logistics et Feluy Service Centre, étaient concernées.

Mais ces nouvelles dispositions ne plaisent pas à tout le monde. L'entreprise Polymer Contractors Feluy, filiale de l'opérateur logistique Katoen Natie et située sur le territoire de la commune d'Écaussinnes, a décidé d'introduire un recours contre l'article 65 qui lui a été délivré le 12 octobre dernier par le collège communal d'Écaussinnes, qui ajoute des conditions particulières d’exploitation en vue d’encadrer les opérations de manutention des billes et des scraps de plastique sur son site.

Ce recours n'est pas suspensif et sera examiné par la ministre de l'Environnement Céline Tellier. Ce n'est pas le seul recours que Polymer Contractors a introduit contre des autorités publiques. Dernièrement, l'entreprise contestait le refus de permis par le fonctionnaire délégué, sur avis défavorable de la commune d'Écaussinnes, pour une transformation de ses installations. Ce refus était motivé par l'infraction toujours en cours concernant le plan de plantation qui lui avait été imposé par la commune. Polymer Contractors a été déboutée pour ce recours