Un recours sera émis auprès des ministres compétents.

Comme un air de déjà vu à Ronquières. Le collège communal de Braine-le-Comte a décidé, ce mardi, de refuser la demande de permis de construction et d'exploitation d'une porcherie d'engraissement de 1800 porcs. Le dénouement est donc le même qu'en février 2018 lors de la première demande de permis émise par la famille Pattyn, malgré des modifications dans le dossier, notamment pour améliorer l'intégration paysagère. Et comme l'année dernière, cette famille d'agriculeteurs brainois a déjà décidé de ne pas en rester là. "Nous irons en recours", confie Luc Pattyn.

La famille Pattyn a désormais 20 jours pour constituer un dossier d'arguments à envoyer aux ministres de l’environnement et de l’aménagement du territoire. Les agriculteurs, qui ont préféré ne pas s'étendre dans la presse et sur les réseaux sociaux durant la procédure, espèrent évidemment que le recours connaisse cette fois une issue différente. En mai dernier, le ministre Carlo Di Antonio avait en effet décidé de confirmer la position de la Ville.

Ils appuieront leur recours sur les efforts et modifications émises mais également sur les nombreux avis favorables reçus (direction nature et forêt, qualité et bien-être animal, zone de secours, cellule bruit, agence wallonne de l'air et du climat, ...). Et aussi celui du fonctionnaire technique de la Région wallonne qui a conclu que, au niveau environnemental, le projet répondait aux observations et réclamations faites lors de l’enquête publique et qu’il se ralliait aux avis des instances consultées.

Pour rappel, le collège communal a argumenté ce refus par des points négatifs "liés à l’impact paysager, la mobilité et la volonté de plus en plus forte de changer nos modes de vie pour se tourner vers un monde plus durable et donc une agriculture plus respectueuse de la durabilité."

Le projet de porcherie à Ronquières aura en tout cas eu le don de diviser la région. Les "pour" avancent par exemple que cette "exploitation familiale respecterait toutes les normes et toutes les règles en vigueur." Et affirment qu'il est préférable que le porc vienne de Belgique, en connaissant les tenants et aboutissants, plutôt que de l'étranger, dans des conditions inconnues. "Beaucoup de citoyens ont pris notre défense et nous les en remercions", ajoute Luc Pattyn.

Les "anti" pointent surtout des problèmes liés au bien-être animal et à l'environnement. "Nous nous battons pour donner l'accès à une bonne nourriture à tout un chacun, pour donner aux producteurs en circuit court la possibilité de vivre de leur travail, pour permettre aux éleveurs et agriculteurs de vivre en accord avec leur conscience et dans le respect de l'animal", disait par exemple la pétition lancée par le groupe d'opposants au projet.