Pas assez de candidats à la vaccination au centre de Binche? Il a pris ses quartiers au Kursaal et a ouvert ses portes cette semaine. Théoriquement, le centre tourne du lundi au vendredi, de 10 à 18 heures. Mais ces derniers jours, il a baissé le volet plus tôt que prévu. Preuve que le vaccin Astrazeneca qui y est administré refroidirait les patients convoqués?

"Le centre de vaccination de Binche n'a pas encore atteint sa pleine capacité qui est de 320 doses administrées par jour", explique Julien Urbain, directeur infirmier du centre. "Mais il tourne, même si la fréquentation pour le moment est moins importante que prévu. 2100 personnes ont été convoquées. 40% ont pris rendez-vous et ça continue. Nous pourrons lancer bientôt de nouvelles convocations."

Quant à la fermeture prématurée du centre, c'est une question d'organisation nous explique le directeur logistique. "Si nécessaire, nous contactons les gens qui ont pris rendez-vous et nous faisons en sorte de concentrer au maximum les passages dans la matinée pour éviter de n'avoir que deux ou trois personnes sur une heure", indique Lancelot Pommerell. "Ça nous permet de ne pas payer le personnel inutilement. Il est tout de même question d'argent public. Nous travaillons sur base de demi-journées et le personnel est payé à l'heure. Ça nous offre donc une certaine flexibilité."

Quelques personnes vaccinées avec le sérum anticovid d'Astrazeneca ayant rencontré des problèmes de santé, de nombreux pays européens ont décidé de suspendre son administration le temps de voir si le produit pourrait être en cause. En Belgique, on continue. Mais ce n'est pas la tempête politico-médiatique dans laquelle se trouve pris le vaccin Astrazeneca qui expliquerait le démarrage en douceur du centre binchois. "Sur les convocations que les gens reçoivent, il est indiqué quel vaccin sera administré. Il n'y a donc pas de raison que les gens annulent leur rendez-vous à la dernière minute, sauf en cas d'imprévu. Pour le moment, nous avons l'Astrazeneca, comme beaucoup d'autres centres d'ailleurs. Mais nous aurons peut-être un autre vaccin la semaine prochaine. Tout dépend des commandes et des livraisons", poursuit Lancelot Pommerell.

En attendant, des candidats pour le vaccin Astrazeneca, il y en avait ce matin au Kursaal. "Je suis vraiment soulagée de pouvoir me faire vacciner. Je n'aurais plus tout ce stress quand je verrai mes enfants et mes petits-enfants", nous confie une Binchoise fraîchement vaccinée. "Je me suis renseignée sur ce qu'on disait au sujet du vaccin Astrazeneca et je ne crains pas vraiment les effets secondaires. De toute façon, je suis tellement nerveuse que si je n'ai pas de thrombose avec le vaccin, j'aurais fini par faire un AVC en continuant comme ça."

L'OMS et l'Agence européenne du médicament viennent de recommander de poursuivre la vaccination avec Astrazeneca. Et c'est justifié selon ce médecin généraliste de Courcelles qui vient de recevoir sa première dose à Binche. "Ma femme s'inquiétait et m'avait suggéré de prétexter un empêchement. Mais j'ai bien écouté nos virologues et je fais confiance aux scientifiques", explique le docteur de Courcelles. "J'ai eu le coronavirus. Je n'ai plus pu travailler pendant deux mois alors que mon métier, c'est toute ma vie. Je suis convaincu des bienfaits de la vaccination et j'y sensibilise ma patientèle. Les vaccins permettent de nous protéger individuellement, mais ils permettent aussi de ralentir la pandémie. Or les chiffres ne sont pas très bons pour le moment. Mais je remarque depuis quelques semaines qu'il y a de plus en plus d'incertains chez mes patients."

Ceux qui voudraient franchir le pas ne doivent en tout cas pas se rendre au Kursaal à l'improviste. "On ne gaspille pas de doses. Nous préparons les boites au fur et à mesure. Quand il y en a une d'ouverte, nous pouvons nous retrouver avec cinq ou six doses à administrer. Mais nous avons des listings de personnes à contacter au besoin. Les autres boites restent conditionnées et peuvent tenir six mois. Ça ne sert donc à rien de venir si on n'est pas convoqué", conclut Julien Urbain.