Il est 8h20 ce mardi matin. Louane, 6 ans, et son grand frère Louca, 8 ans, reprennent enfin le chemin de l'école. Direction le Collège Notre-Dame de Bonne-Espérance, à seulement 300 mètres de leur maison de Vellereille-les-Brayeux (Estinnes). Là-bas, Louane retrouve rapidement sa meilleure amie mais l'inquiétude reste grande pour cette première rentrée en primaire dans sa nouvelle école.

"Elle appréhendait forcément beaucoup parce qu'elle arrive dans la grande école après avoir passé ses classes de maternelle dans la petite école communale du village", confie Magdalena Hirsoux, sa maman. "Moi aussi ça me tracasse parce qu'elle change d'école et qu'elle n'a plus eu de cours depuis le 18 mars, avant le confinement, puisque c'était une simple garderie lors de la reprise en juin."

Contrairement aux rentrées classiques, Magdalena n'a pas eu l'occasion d'accompagner sa fille jusqu'à son banc. Mesures sanitaires obligent, les parents sont rentrés au compte-gouttes, équipés d'un masque, dans la cour de récréation gardée par la directrice et quelques enseignants pour laisser les enfants à la porte de leur classe. "L'école a fait une exception pour les élèves de 1re primaire. Pour tous les autres, les parents ont dû les laisser à la grille alors qu'on pouvait aller jusqu'à leur classe les autres années", explique Magdalena.


Tout déplacement à l'intérieur de l'énorme site de l'abbaye de Bonne-Espérance nécessite le port du masque pour les personnes de plus de 12 ans tandis qu'il est demandé aux parents de repartir directement une fois l'enfant déposé. Les entrées aux sections secondaire et maternelle ont par ailleurs été séparées. Ces différentes consignes ont été détaillées dans un courrier envoyé aux parents la semaine dernière. 

"En ce qui concerne les enfants, ils pourront, à nouveau, vivre normalement ensemble", précise l'école. "Leurs mains seront désinfectées le plus souvent possible et ils ne devront pas porter de masque. Cependant, si certains doivent ou souhaitent le porter pour l’une ou l’autre raison, cela leur sera évidemment permis."

Des mesures de précaution qui n'inquiètent pas particulièrement Magdalena. "Les enfants sont déjà habitués à se laver les mains très souvent. Ils viennent de passer trois semaines en stage de vacances et tout s'est bien passé. Il faut avancer et s'y habituer parce que les enfants ont besoin de ça. Mais c'est certain qu'il y a une part d'incertitude avec ce virus. Il faut rester très prudent parce qu'on n'est pas encore à l'abri." 

La crainte de cette rentrée sous code jaune a tout de même rapidement laissé place à l'excitation pour Louane et son grand frère. "Autour de nous, tous les enfants étaient sur-excités rien qu'à l'idée de revoir leurs copains. Louane attendait aussi avec impatience de pouvoir retourner en classe pour apprendre à lire et à écrire. Pour le reste, nous verrons bien comment cela se passera..."

© SH