Le drame de Strépy-Bracquegnies continue d’alimenter les discussions, ce mardi matin. Et pour cause. À l’issue des auditions, qui ont débuté ce lundi vers 22 heures et qui se sont poursuivies tout au long de la nuit, la juge d’Instruction en charge du dossier a décidé d’inculper Paolo F., le chauffard, d’homicide involontaire et de coups et blessures involontaires résultant d’un accident de la route. Ce dernier a été placé sous mandat d’arrêt et écroué tandis que le passager, Antonino F., a été inculpé de non-assistance à personne en danger et remis en liberté sous conditions.

Une décision qui passe difficilement, dans la Cité des Loups. Sur les réseaux sociaux, on ne compte plus les messages d’incompréhension et de colère publiés par des citoyens et des proches de victimes. Ils ne sont par ailleurs pas les seuls à réagir avec émotion. Quelques échevins louviérois ont, eux aussi, partagé leur ressenti sur leurs profils respectifs. "Après Magritte, nous avons droit à "ceci n’est pas un meurtre". On touche le fond", écrit ainsi Emmanuelle Lelong, échevine… Et avocate.

On le sait, la qualification retenue dans le cadre de cette inculpation n’est que provisoire et fondée sur des éléments encore parcellaires de l’enquête. Elle pourrait donc encore être modifiée. Mais pour l’échevine, la position de la juge d’instruction reste difficile à comprendre. "Je ne comprends pas comment l’on peut déjà, à ce stade et lorsque l’on regarde une vidéo en particulier, conclure à l’absence d’intention. C’est prématuré, prématuré et re-prémature", écrit-elle lors d’un échange avec un internaute.

"On aurait très bien pu retenir le meurtre à ce stade, et le juge du fond aurait été apte à requalifier au besoin (…) Ce lundi, je voyais encore la police procéder à des investigations sur place. Cela me semble fort rapide. En deux jours à peine, on qualifie une affaire aussi grave. Waouh. J’ai hâte de prendre cette affaire pour exemple dans des dossiers plus simple. Je félicite en tous cas la justice pour cette rapidité, dont elle a rarement fait preuve."

Pascal Leroy, lui aussi échevin, va droit au but. "Là, il faudra vraiment que l’on m’explique", écrit-il, non sans colère. Antonio Gava, échevin et victime du drame, n'a quant à lui pas encore réagi. Le bourgmestre, Jacques Gobert, ne s'est pas non plus exprimé sur les réseaux sociaux. 

Au-delà de la région du Centre, certains politiques se sont également exprimés. C’est le cas de Jacqueline Galant, députée MR et bourgmestre de Jurbise. "La Justice. Tous les hommages du monde ne pourront rendre les victimes. Je suis choquée et en colère. On a tous le droit d'être en colère face à l'horreur, face à l'imbécillité d'un chauffard ! À ce stade de l'enquête, le conducteur est inculpé d'homicide involontaire. Ces mots sont inaudibles pour tout le monde même si la justice est loin d'avoir fini son travail", estime-t-elle.

"A ce stade de l'enquête, les centaines de témoignages n'ont pas encore été récoltés, des images n'ont pas encore été visionnées. Quand on se filme au volant de sa voiture à 250 km/h, qu'on roule à 100 km/h dans un village qu'on connaît par cœur, en plein carnaval, on ne le fait pas par maladresse, imprudence, inattention. J'ose sincèrement espérer, que la vérité sera exposée, par respect pour les victimes et leurs proches."