Le ministère public a demandé, mercredi, à la quatrième chambre correctionnelle de la cour d'appel du Hainaut de réformer un jugement prononcé par le tribunal correctionnel de Charleroi, le 5 février 2020, condamnant et acquittant des gens impliqués dans un vaste trafic international de drogues. Neuf cultures de cannabis avaient été démantelées dans la région de Charleroi et du Centre. 

L'audience, la première des douze audiences consacrées à cette affaire, a débuté par un incident. Le principal prévenu, Salah-Eddin Jamal, était absent. Il se trouve au Maroc et a remis, deux jours avant le procès, un certificat médical le plaçant en incapacité de travail durant soixante jours. Me Mayence a sollicité un report ou, du moins, une disjonction qui ont été refusés par la cour, laquelle consacre six jours pour l'analyse de cette affaire résumé dans 93 cartons.

Salah-Eddin Jamal a écopé d'une peine de huit ans de prison ferme en première instance et d'une amende de 30.000 euros. Son arrestation n'avait pas été demandée et il est parti au Maroc. Il avait été acquitté pour le trafic de cocaïne et pour certaines cultures. Ces acquittements sont remis en question en appel par le ministère public, lequel sollicitera une peine plus lourde, jeudi matin. La même peine avait été infligée à Sofiane Mokdadi, actuellement détenu. Le ministère public a remis en cause les acquittements prononcés par le tribunal et a requis une peine de dix ans.

M. Jamal a été arrêté en Espagne en mai 2018 à la demande des autorités judiciaires néerlandaises. Il est considéré comme le chef de cette association criminelle.

Dans son réquisitoire, le ministère public a fait état d'une structure très organisée avec des techniques très modernes, des observations, des contre-observations, des écoutes suivies de contre-écoutes dans le chef de gens habitués à être confrontés aux techniques d'enquête. Ils utilisaient aussi des téléphones pouvant crypter les messages échangés entre eux. Des intimidations et des méthodes mafieuses (coups, incendies, etc.) ont aussi mis en évidence par le ministère public.

Neuf prévenus, sur les trente-sept en première instance, sont rejugés en appel. Ils avaient écopé de peines allant de 37 mois à huit ans de prison, avec de lourdes amendes et confiscations. L'un d'eux avait aussi été acquitté.