Depuis plusieurs mois maintenant, la mobilisation s’organise pour s’opposer au projet de la boucle du Hainaut porté par Elia, qui consiste en la réalisation d’une nouvelle liaison électrique d’un niveau de tension de 380 kV et d’une capacité de transport ded 6 GW entre les postes d’Avergem et Courcelles. Mais les citoyens ne sont pas les seuls à formuler leurs craintes : deux refuges, les Amis des Animaux (Feluy) et Au Bonheur de Vica (Morlanwelz) ont eux aussi décidé de se positionner.

Un positionnement qui avait déjà été formulé dans le cadre de l’enquête publique mais qui a été réitéré alors que ce vendredi, le ministre de l’aménagement du territoire Willy Borsus (MR) sera en visite à Seneffe, Ecaussinnes, Braine-le-Comte et Soignies, quatre des 14 communes impactées par le projet. Du côté des refuges, on craint en effet l’impact de pareil dispositif sur les animaux, plus particulièrement encore les chats et les oiseaux.

"Nous ne pouvons que nous inquiéter du manque d’études relatives à l’impact que ces lignes peuvent avoir sur les animaux, qu’ils soient sauvages ou domestiques", explique Christopher Dheulin, directeur des Amis des Animaux. "La ligne d’Elia passera non seulement dans la région mais aussi au-dessus ou juste à côté de la chatterie que nous sommes sur le point de construire. Les inquiétudes sont vives. Si nous comprenons l’intérêt du projet, nous estimons qu’en l’absence de certitudes, la prudence doit prévaloir. D’autres solutions doivent être proposées."

L’association des Amis des Animaux est la première à s’opposer officiellement au projet. Mais l’asbl Au Bonheur de Vica a rapidement décidé d’emboiter le pas. "L’impact le plus connu des lignes à haute et très haute tension chez les oiseaux de moyenne et de grande taille réside dans les risques de collision de pylônes et d’électrocution", précisent Frank Lorigiola et Aurore Serpenti. Au sein de son refuge, ceux-ci recueillent régulièrement des oiseaux blessés ou électrocutés.

"Nous en avons recueilli 29 en 2020, 47 en 2019. Tous avaient été électrocutés. Ces lignes sont un véritable danger pour eux. Chaque année, ils sont des centaines à mourir de la sorte. Lorsque ce n’est pas le cas, ce sont des soins et des revalidations qui s’étalent sur plusieurs mois", précise encore le spécialiste des colombidés. Sur cette dernière famille d’oiseaux, les impacts des lignes électriques ont déjà été démontrés à plusieurs reprises.

"On sait aussi que les dispositions qui peuvent être prises pour limiter les risques ne sont pas suffisantes. Nous sommes donc évidemment inquiets de savoir qu’un tel projet pourrait voir le jour." La mortalité des colombidés dans la région pourrait en effet augmenter drastiquement, y compris au sein des espèces les plus fragiles et les plus menacées.