L’incompréhension domine toujours, dans les rangs du groupe d’opposition louviéroise Plus&CDH après le refus par la ville de soutenir le projet de la RAAL, qui prévoyait la construction d’un nouveau stade sur le site du Tivoli. Pour justifier ce refus, faisant suite à un appel à projets qu’elle avait elle-même lancé, la ville avait évoqué la clause Orban.

Cette dernière, reprise dans l’acte de propriété de la ville, l’oblige à "ne jamais céder tout ou partie du fonds de cette plaine des sports à une société déterminée pas plus qu’à un particulier de manière qu’elle reste en tout temps accessible à toutes les sociétés sportives indistinctement." Mais pour les Humanistes, cette clause est désormais obsolète et prescrite.

"La Clause Orban date de 70 ans. Et force est de constater que la Ville s’y sent liée alors qu’elle est clairement devenue obsolète par prescription", souligne Xavier Papier, conseiller communal. "Donc, constatons que le projet de la RAAL rencontre l’esprit de la demande de la famille Orban pour que ces terrains légués soient consacrés au sport pour notre jeunesse et non à des projets immobiliers ou industriels."

Le conseiller a par ailleurs effectué quelques recherches. "Après avoir interrogé des juristes de renom sur le sujet, il apparaît clairement qu’on peut constater l’extinction de la clause Orban par prescription. Pendant des décennies la RAAL historique et l’ACLO ont utilisé "seules" le stade et donc la part la plus importante des terrains de la donation Orban. Plus encore, pendant plus de 35 ans, la Ville a implanté une école sur le site et a même recadastré une parcelle spécifique alors que le terrain relevait de la donation Orban."

Sans que cela ne pose question. "Nous n’avons eu aucune réaction de la famille Orban, sauf erreur de ma part. Et cela depuis des décennies. On peut largement considérer que la condition posée par la famille Orban n’ayant jamais été réclamée depuis plus de trente ans, elle est largement frappée de prescription." Pour Xavier Papier, il est urgent de remettre autour de la table les différentes parties.

"Nous sommes face au risque aujourd’hui que le projet puisse quitter le centre-ville de La Louvière et même potentiellement le territoire de la Ville en faveur d’un de nos voisins comme Binche, Soignies ou Estinnes. Ça serait aberrant et catastrophique pour notre image et la dynamique de la Ville, pour notre Horeca, pour l’essor sportif, et pour le campus e-sport. Nous avons besoin de projets qui nous tirent vers le haut. Et je n’ai même pas abordé l’attachement affectif des louviérois au club. Nous aurions l’air de quoi avec la RAAL qui joue à Binche ?"

Et de conclure : "Il est urgent que la Ville s’exprime auprès du seul candidat pour lui signifier qu’elle considère que la clause Orban est respectée par le fait qu’elle reste propriétaire du terrain sur le long terme et que l’utilisation du site pour une activité sportive, ouverte à d’autres sports que le football, rencontre la volonté de l’appel d’offre. Si elle ne peut le faire, il paraît opportun de relancer l’appel à projets en excluant la clause Orban et de le faire au plus vite pour arrêter la stagnation du projet."