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L'IMBC, en partie financée par la Sowalfin, annonce un investissement de 2,5 millions d'euros dans ce projet.

La nouvelle avait fait l’effet d’une bombe et relancé de vives débats autour de la viabilité du projet Strada. En mai dernier, l’on apprenait qu’un projet logements-cinéma était envisagé dans le quartier de la Closière, soit à deux pas du site sur lequel le promoteur Wilhelm&Co tente depuis plus de dix ans de développer son projet, développé autour d’une zone commerciale, de logements, d’espace de co-working, d’une polyclinique, d’un jardin gourmand et… D’un cinéma.

Si le projet n’a depuis pas cessé de faire parler de lui, il est revenu comme un boulet de canon sur le devant de la scène alors que l’on apprenait que l’Invest Mons-Borinage-Centre (IMBC) promettait un investissement de 2,5 millions d’euros auprès d’Imagix La Louvière, une société anonyme qui… N’existe pas encore. Ce mardi, le député Antoine Hermant (PTB) a tenté d’en savoir plus auprès du ministre de l’économie, Willy Borsus (MR).

Un interlocuteur logique lorsque l’on sait que 45 % des fonds de l’IMBC proviennent de la Sowalfin, société anonyme d’intérêt public mise en place par le gouvernement wallon. "J’ai cherché au moniteur belge et n’ai trouvé aucune trace de la société SA Imagix La Louvière. Dès lors, comment la Sowalfin peut-elle envisager un investissement aussi important vers une société qui n’existe pas ? La ville de La Louvière a-t-elle été consultée, alors qu’elle planche depuis des années sur le projet Strada ?" Il est vrai que les deux projets seraient difficilement compatibles.

Le ministre a confirmé la décision de l’IMBC d’investir 2,5 millions d’euros dans le projet Imagix. "La décision a été prise par le Conseil d’administration de mai dernier. Comme pour tout dossier, il existe des conditions, dont la création de la société et l’obtention des permis et accords requis, notamment auprès des autorités communales louviéroises", a-t-il précisé, ajoutant que plusieurs points forts avaient été soulignés dans ce dossier, notamment "l’expertise des investisseurs et du groupe Imagix dans le secteur, l’importance de l’apport en fonds propres et l’équilibre du montage financier."

Pas question cependant de concrétiser la promesse d’investissement à ce stade. "Plusieurs conditions doivent être réunies et si pour diverses raisons, le projet Imagix ne se concrétisait pas, le financement ne serait pas mis en œuvre. » En attendant, l’annonce est là et les questions subsistent. "Je reste étonné que la Région wallonne puisse préparer des projets immobiliers dans une ville sans tenir compte des projets déjà en cours", a conclu Antoine Hermant, promettant qu’il suivrait de près la suite du dossier. À n’en pas douter, il ne sera pas le seul.