Centre

Près de 2000 personnes se sont rassemblées illégalement le week-end dernier sur le site désaffecté de BASF.

Le week-end dernier a été agité pour les riverains, même très éloignés, du zoning de Feluy. De Braine-le-Comte à Manage, en passant par Seneffe et Ecaussinnes, de nombreuses personnes ont eu le sommeil perturbé par la musique d'une rave party de 48 heures. Les organisateurs avaient en réalité repéré le site désaffecté de l'ancienne usine BASF. Terrain de jeu idéal pour les fêtards avec ses 40 hectares non-loin de l'autoroute. 

Au final, aucun débordement n'a été observé au sein de ce rassemblement de près de 2000 personnes baptisé Belgitek. Les fêtards ont même tout nettoyé avant de lever le camp dimanche soir. Il n'empêche que cette organisation était illégale, sans accord de la commune de Seneffe. "Nous voulons à tout prix éviter que ça se reproduise", signale la bourgmestre Bénédicte Poll (MR)

Il est vrai que la gestion de ce conflit n'a pas été simple. Elle a été compliquée par les caractéristiques de ce site. "Il se trouve au bout d'une voirie non-utilisée, c'est difficile à gérer et à s'en rendre compte quand des gens y pénétrent. Une fois qu'ils sont là, ils peuvent s'installer sans que personne ne les remarque. La seule façon d'empêcher cela, c'est que les gens ne s'y installent pas. Il faut bloquer les premiers arrivants avant que la grosse vague arrive. A ce moment-là, la police locale n'est plus capable de maîtriser."

De leur côté, les organisateurs aimeraient rééditer l'expérience. Mais pas avant l'année prochaine. La commune tentera de les en dissuader. "Le site étant désaffecté, nous avions déjà convenu avec BASF d'organiser une surveillance par un garde qui passe une fois par jour. Nous allons revoir ses horaires. Nous allons réfléchir à effectuer des aménagements sur le site afin de bloquer les intrusions. Mais il faut gérer la difficulté de ce site. On ne peut par exemple pas totalement bloquer l'accès puisqu''il doit rester accessibles aux pompiers pour des raisons de sécurité."

La police de la zone de Mariemont a de son côté transmis les PV rédigés au parquet de Charleroi. "Nous avons identifié des personnes suspectées d'être parmi les organisateurs", explique la police. "Etant donné que BASF, propriétaire des lieux, n'a pas déposé de plainte jusqu'à présent, nous avons fait ce qui était possible légalement. A savoir notamment des poursuites pour travail frauduleux puisque de l'argent circulait illégalement. Nous avons aussi effectué des contrôles alcool et stupéfiants à la sortie du site. Nous attendons désormais la position du Parquet de Charleroi dans le cadre des poursuites."