C’est une petite dame, que nous appellerons Marie, qui s’est avancée à la barre du tribunal correctionnel de Tournai. Petite, certes, mais remontée contre les services de l’Afsca, qu’elle ne peut plus voir en peinture. Cette agricultrice basée dans la région du Centre n’avait pas voulu ouvrir sa porte lors d’un contrôle. Elle leur avait carrément bloqué le passage. "Vous deviez ouvrir la porte. C’est la loi. En plus, vous dites que tout fonctionne bien dans votre exploitation": la présidente a dû hausser le ton parce que la prévenue ne voulait rien entendre.

L’Afsca s’est portée parie civile mais ne réclame que l’euro symbolique. Le ministère public a indiqué qu’à l’entrée de sa propriété, la prévenue avait placé une affiche au texte explicite: "Les personnes indésirables, voleurs ou contrôleurs, se mettent en danger de mort. Pour les contrôles inhumains, risque de tirs!"

La prévenue prétend que les services de l’Afsca veulent la pousser à la faute. Le ministère public dit toutefois ne pas s’opposer à l’octroi d’une mesure de faveur, à savoir la suspension du prononcé. Pour sa défense, la prévenue dira que le panneau avait été apposé pour les voleurs mais également suite à un précédent contrôle: "En 2013, les services de l’Afsca ont détruit mon travail".

Une suspicion de brucellose planait sur son exploitation. "Ils ont saisi mes bêtes et je ne m’en remets pas. Depuis, je ne peux plus les voir", assure Marie. "La prochaine fois, vous devrez ouvrir votre porte", lui a dit la présidente. "Oui, puis je partirai", a répondu la prévenue, qui a quitté le tribunal avec la larme à l’œil, toujours aussi remontée.

Le jugement sera rendu le 13 janvier.