Retour du masque dès 6 ans, auto-tests conseillés mais assouplissement des règles concernant les fermetures des classes. Bien que le virus Omicron soit moins virulent, le risque d’un absentéisme accru du personnel inquiète toujours les directeurs d’école. Toutefois, la situation en ce jour de rentrée scolaire semble moins chaotique qu’à la veille des vacances.

"J’ai 4 enseignants malades "covidés" et deux qui ne sont pas malades du covid", explique monsieur Debosschère, directeur de l’Ecole Fondamentale Saint Vincent à Soignies. "Il y a toujours les autres absences ; le covid a ajouté une couche aux absences habituelles. C’est la galère pour tout le monde. Dans les enfants, je n’ai pas encore le compte exact mais j’ai une dizaine de cas covid répertoriés et j’ai des absences aussi "classiques". Ce n’est pas la catastrophe, nous étions à un pic de plus de 60 absents avant les congés. Nous n’en sommes plus là mais il y a toujours des absences. Cela éclatait de toute part, tant dans les enfants que pour les enseignants. Je pense que la coupure [des vacances] a fait du bien".

Même topo du côté de la Commune de Manage où certaines écoles ont vu leurs classes fermées parfois pendant 5 ou 6 semaines comme ce fut le cas à l’école de La Drève. Si le taux d’enseignants présents ce jour de rentrée n’est plus aussi critique qu’avant les congés, les difficultés organisationnelles restent de mise. "La difficulté de la rentrée est déjà bien là. La coordinatrice [de la Commune] a travaillé toute la journée, un peu en jouant à Tetris pour essayer de reboucher les trous. On a déjà un petit 10% du staff enseignants qui est en difficulté car soit malade, soit en quarantaine, avec des directions qui sont déjà malades.", David Gelay, échevin de l’Enseignement à la Commune de Manage.

Et l'échevin d'ajouter : "Au niveau des élèves, on n’a pas la vue sur toutes les écoles car c'est un peu tôt mais on entend quand même pas mal d'enfants qui sont déjà en quarantaine. La grosse crainte, c'est d'avoir l’impossibilité de pouvoir combler les trous. En maternelle, cela a l'air d'aller au niveau des remplacements mais en primaire, c'est déjà compliqué. Évidemment, nous avons la volonté de maintenir les classes ouvertes le plus longtemps possible et, dans la mesure du possible, nous évitons de devoir mélanger les enfants. Je pense que l'on va vivre une situation très compliquée de par les contaminations des enfants mais aussi des enseignants ou des indisponibilités d'enseignants et du fait qu’il est difficile de remplacer".

Le constat est un peu plus terne en secondaire où, pour l’Institut Saint Joseph de La Louvière, le nombre d’enseignants absents est important. Les salles d’étude viennent alors pallier à ces manquements dans les horaires des étudiants. "Pour cette première journée cela ne s’est pas trop mal passé. Bien que dans mon école, j’ai quand même pas mal de professeurs absents. Certains liés au covid, d’autres pas bien sûr. C’est assez problématique puisque les élèves doivent aller à la salle d’étude, ils n’ont pas cours le premier jour de la rentrée ou ils doivent terminer plus tôt. Ce n’est pas l’idéal. Au niveau des élèves, je ne dois pas trop me plaindre, il n’y a pas trop de cas", Aurore Tourneur, directrice de l’Institut Saint Joseph.

La situation reste donc éprouvante pour le corps enseignant qui fait face à la pandémie depuis bientôt deux ans. Bien que les élèves puissent être dispersés dans d’autres classes afin de limiter le décrochage scolaire, les enseignants sont impactés à la fois à l’intérieur et en dehors de la classe. "J’appréhende toujours de prendre mon GSM le matin et de voir s’il y a un absent, de voir comment on pourra faire. Nous n’avons pas 36 solutions : nous pouvons répartir les enfants. Ils sont là donc il faut bien les gérer du coup c’est toujours les collègues qui encaissent par rapport aux absences", explique le directeur de l’Ecole fondamentale Saint Vincent Soignies.

"Chez nous, il n’y a pas que le temps en classe, il y a aussi toutes les charges à coté : un enseignant fait 440 minutes de surveillance par semaine. Ici, il manque 4 collègues donc ça fait 4 fois ces 440 minutes de surveillance qu’il faut assumer à leur place. Tout le monde commence un peu à la fois à s’essouffler... Répartir les enfants dans les classes ce n’est pas ingérable mais c’est toujours une charge en plus et ce n’est pas toujours au bénéfice des enfants. A côté de cela, je pense qu’il vaut mieux les avoir à l’école que les laisser chez eux tant pour le travail des parents que pour les apprentissages".

Une volonté de maintenir les écoles ouvertes partagée par David Gelay qui voit, également, en l’enseignement, un moyen d’apprentissage et de contacts sociaux pour tous les enfants ainsi qu’un soutien aux parents. L’échevin de l’Enseignement de Manage se veut positif malgré une situation imprévisible."On va utiliser toutes les ressources que l'on voit, que ce soit des professeurs de gym, des profs de cours philosophiques ou qu'on va utiliser vraiment toutes les ressources scolaires. Et on espère tenir correctement et que ça ira le plus loin possible. Mais c'est difficile. C'est excessivement difficile de se projeter dans l'avenir dans la mesure où la situation évolue jour de semaine en semaine, de variant en variant et de semaine en semaine. Donc aujourd'hui, c'est un gros point d'interrogation, même si, évidemment l'inquiétude existe. On essaye d’être positif, on veut être positif. On veut passer le signal aux parents que la volonté, c'est de maintenir les classes ouvertes pour permettre aux gens de travailler et aux enfants de maintenir ce lien social".