Jusqu’ici, le bourgmestre de La Louvière, Jacques Gobert (PS), s’était imposé une certaine discrétion face aux mesures édictées par le gouvernement fédéral. Les annonces du comité de concertation de ce mercredi, plus particulièrement celles liées à la réouverture des terrasses le 8 mai prochain, ont quelque peu changer la donne.

"C’est une décision absolument ridicule et inapplicable qui va générer de la frustration, du mécontentement, de l’iniquité", peste le bourgmestre de la cinquième ville de Wallonie. "Je ne m’étais jamais exprimé sur les mesures prises parce que je ne voudrais sincèrement pas être à la place de nos ministres, mais ce qu’ils ont fait hier, c’est nous renvoyer la patate chaude !"

Pour rappel, le secteur de l’horeca réclamait à cor et à cri une reprise de l’activité dès le 1er mai. Les négociations entre ministres ont été pour le moins tendues et c’est finalement sur la date du 8 mai que les violons se sont accordés. Mais tous les restaurateurs et cafetiers ne seront pas logés à la même enseigne : à ce stade, seuls ceux qui disposent d’une terrasse pourront accueillir la clientèle.

"J’ai provoqué une réunion ce vendredi matin avec les services concernés afin que nous puissions analyser la situation… Mais il est clair qu’il va falloir faire du cas par cas. Selon l’endroit où l’on se trouve, un restaurateur pourra rouvrir tandis que son voisin, faute de terrasse, ne le pourra pas. On cherche vraiment à monter les gens les uns contre les autres !"

L’an dernier, lorsque la question s’était posée, la ville de La Louvière avait, comme d’autres, instauré "un plan terrasse" en permettant, dans la mesure du possible du moins, l’installation des terrasses sur des trottoirs et espaces de stationnement. "Un problème s’était posé avec la rue Sylvain Guyaux, il se pose encore aujourd’hui puisque les TEC et la Région wallonne doivent être concertés."

La ville ne dispose, dans tous les cas, que d’une marge de manœuvre très limitée. Et pour ne pas se mettre à dos davantage de difficultés, il n’est pas question pour le bourgmestre de fermer les yeux sur d’éventuelles formes de désobéissances civiles. "Le 8 mai, c’est le 8 mai, il n’est pas question de permettre à quiconque de rouvrir plus tôt !", prévient Jacques Gobert.

"Il n’est pas question d’endosser la responsabilité d’éventuels débordements et incidents sous prétexte que l’on a bravé les interdits. Je ferai donc respecter l’échéance fixée par le gouvernement." Contrairement à ses homologues de Mons ou, plus loin, de Liège, le bourgmestre de La Louvière n’entend pas "fermer les yeux" sur ceux qui ouvriraient leur établissement le 1er mai.