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Les syndicats craignent des vagues successives de licenciements toujours dans le but de se soustraire à l'enclenchement de la procédure Renault.

Plus de 300 travailleurs de l'entreprise d'armement Mecar à Seneffe se rendront mercredi au Parlement wallon pour interpeller le monde politique dans le cadre de l'octroi de licences d'exportations indispensables à la survie de l'entreprise. Les syndicats craignent également une deuxième vague de licenciements en janvier. Après l'annonce, le 1er octobre, de l'intention de la direction de l'usine d'armement Mecar à Seneffe de procéder à 29 licenciements, les syndicats ont fait bloc pour enrayer le processus. Un préavis de grève et d'action a été déposé par le front commun syndical.

"Deux licences d'exportation d'armes et de munitions sont indispensables pour la survie de Mecar", a indiqué Philippe Bertlef (FGTB). "Dans un cas, il s'agit du renouvellement d'une licence, dans l'autre, de l'octroi d'une nouvelle licence dans le cadre d'un nouveau contrat en négociation. Ces deux licences donneraient du travail chez Mecar pour 2019 et 2020. Sans elles, toutefois, c'est la fin de l'entreprise, un scénario que nous refusons. C'est la raison pour laquelle les travailleurs entendent s'adresser directement au monde politique wallon, dont dépend l'octroi des licences."

"Il y a dix ans, Mecar, société d'armement basée à Seneffe depuis 1938, comptait encore quelque 400 travailleurs. Aujourd'hui, il n'en reste plus que 300 et la direction a annoncé ce mardi 1er octobre, son intention de procéder au licenciement de 29 travailleurs soit juste un peu en dessous des 10% nécessaires à l'application de la Loi Renault, beaucoup plus contraignante pour l'employeur", peut-on lire dans un communiqué de la FGTB et du Setca. "Cette attitude nous fait craindre que cela ne soit le prélude à des vagues successives de licenciements toujours dans le but de se soustraire à l'enclenchement de la procédure. D'autant qu'au cours d'une réunion, il a été sous-entendu qu'une deuxième vague de licenciements aurait lieu en janvier."

Pour les syndicats, "Perdre Mecar serait une énorme perte pour la région et la Wallonie qui est le principal producteur d'armements pour la Belgique avec FN, John Cockerill..."

"Veut-on un secteur de l'armement en Wallonie ou pas?", demandent les syndicats qui précisent s'inscrire "totalement dans le strict respect des règles internationales et notamment des éléments liés à la lutte contre les conflits armés et le respect des droits de l'homme. Mais encore faudrait-il que la Wallonie ne soit pas la seule à en subir les conséquences économiques et d'emploi quand on sait que d'autres pays comme les USA, la France ou encore le Royaume-Uni surfent de façon éhontée sur la crise entre les pays du Golfe."

Les syndicats entendent prendre leurs responsabilités. "Nous interpellerons le monde politique ce mercredi au Parlement Wallon afin que cette sanction ne soit pas limitative à la Région wallonne."