C'est un petit subside de 5000 € qui a suscité un long débat à Seneffe. Lors du dernier conseil communal, les élus ont été invités à prendre connaissance du justificatif de ce subside octroyé par la Commune pour permettre au Patro Notre Dame de Toute Joie de remplacer les châssis du local qu'il occupe afin de pouvoir continuer ses activités. Les travaux ont été effectués, la facture acquittée et présentée à la Commune. Une affaire bien menée et close?

Pas pour le conseiller d'opposition Michaël Carpin, qui s'est demandé à qui appartenait le bâtiment. Question à laquelle n'a pas pu répondre l'échevin à la jeunesse Nicolas Dujardin. "Il est occupé par le Patro. Je pense que le bâtiment appartient à l'église, mais je ne connais pas le détail des conventions au niveau des bâtiments."

Une approximation qui a fait bondir le conseiller socialiste d'opposition. "On parle ici de fonds publics (…). Il faut savoir à qui appartient ce bâtiment, s'il y a une convention qui lie les propriétaires au mouvement de jeunesse… Lorsqu' on fait des travaux au service d'un mouvement de jeunesse, il y a une convention, qui lie le propriétaire. Si on amène des subsides extérieurs, la convention doit stipuler qu'on certifie que l'on va garder ce mouvement de jeunesse pendant x années sinon on doit rembourser la somme."

Et de fustiger ce qu'il qualifie de "détournement de fonds. On ne sait pas où va l'argent. On ne sait pas à qui appartient le bâtiment où l'on investit."

Des mots qui ont fait bondir à son tour l'échevin Dujardin. "Je ne peux pas vous laisser dire que c'est un détournement de fonds. Ce bâtiment est construit sur un terrain qui n'appartient pas au Patro, mais il l'occupe depuis plus de 30 ans." Et d'indiquer que la Fédération Wallonie Bruxelles a aussi octroyé un subside au patro pour lui permettre de rénover le bâtiments. "Notre subside a permis de finaliser les travaux permettant au Patro de poursuivre ses activités."

Après le conseil, Michaël Carpin assumait l'accusation grave et réfléchissait à déposer une plainte. Jusqu'à ce que la tutelle, interpellée à ce sujet, ne tempère ses ardeurs. "Dans votre cas, apparemment les règles à suivre l’ont été : un crédit nominatif figure au budget, le collège communal dans ce cas peut octroyer la subvention y relative et le conseil communal en est informé", répond la tutelle. Qui précise néanmoins que l’autre question sur la propriété du bien "aurait effectivement dû être réglée avant l’octroi de la subvention, mais ceci ne constitue pas une irrégularité dans votre cas."