Un couvre-feu a été décrété dans les provinces du Brabant wallon et du Luxembourg pour éviter les rassemblements festifs susceptibles d'accélérer la propagation du coronavirus. La mesure était également sur la table du Hainaut. Lundi soir, le gouverneur a pris son téléphone pour consulter les différents bourgmestres de la province. Faute de consensus, le couvre-feu n'a pas été décrété. Des bourgmestres du Centre nous donnent leur avis sur cette mesure qui divise.

"Oui ou non? Pour moi, c'est abstention", sourit Maxime Daye, bourgmestre MR de Braine-le-Comte. "Notre zone de police est déjà surchargée par toutes les mesures covid, si on lui rajoute du travail de nuit, ça va être difficile. Quitte à prendre des mesures fortes, autant qu'elles soient facilement applicables et contrôlables."

Du côté de Seneffe, de Soignies ou d'Écaussinnes, les réticences étaient quelque peu partagées. Bien que l'idée d'un couvre-feu n'emballe pas les bourgmestres de la région du Centre, où les koteurs ne courent pas les rues, certains étaient prêts à mettre de l'eau dans leur vin. "Ça n'aurait pas changé grand-chose pour une commune comme le Roeulx", commente le bourgmestre Benoît Friart (MR). "C'est une mesure qui vaut plus pour les grandes communes où il y a des universités et des étudiants. Mais les mesures sont parfois tellement compliquées à lire que je ne m'opposais pas à un couvre-feu à l'échelle de toute la province. Nous aurions suivi le mouvement si ça avait été décidé."

Même son de cloche à Manage. "Entre 1h et 6h du matin, il n'y a pas beaucoup de chats dans les rues. Un couvre-feu ne serait pas pertinent pour une commune de taille moyenne comme Manage. Mais je peux comprendre que ça l'est pour d'autres communes et par solidarité, nous étions prêts à suivre", explique le bourgmestre Bruno Pozzoni (PS).

À La Louvière en revanche, on est contre l'idée d'un couvre-feu. "J'ai pu faire part de mon opposition au gouverneur. J'aurais sans doute un avis différent si j'étais bourgmestre d'une grande ville comme Liège. Mais pour une ville comme La Louvière, ce serait tuer une mouche avec un canon", réagit Jacques Gobert, bourgmestre PS de La Louvière. "Il y a tout de même pas mal de gens qui travaillent entre ces heures, il aurait fallu délivrer des dérogations à tout bout de champ. Quant à ceux qui contournent les règles, ce n'est sans doute pas un couvre-feu qui les aurait arrêtés. Je préfère la responsabilisation et la répression quand c'est nécessaire, plutôt que ces grandes mesures linéaires qui impactent tout le monde, y compris la grande majorité des gens qui respectent les règles sanitaires."