Jusqu'à présent, le magasin Smaki Polski à Ressaix était le point de rendez-vous pour les habitants des environs qui souhaitaient retrouver ou découvrir les saveurs polonaises. Depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, c'est devenu un point de collecte majeur de dons en région du Centre à destination de la population civile ukrainienne piégée par le conflit.

Tout est parti d'une publication sur les réseaux sociaux, deux jours après le début de la guerre. "Parmi nos clientes, nous avons une amie d'origine ukrainienne et rapidement nous avons voulu faire quelque chose", explique Daisy, qui tient l'épicerie polonaise avec son compagnon Xavier. Le couple décide de venir en aide à l'Association des femmes ukrainiennes en Belgique et lance un appel aux dons de matériel médical, de textiles, de denrées alimentaires…

L'écho de la publication dépasse les prévisions: "elle a été partagée plus de 500 fois", s'étonne Daisy. La conséquence ne s'est pas fait attendre: depuis 10 jours, les dons affluent sans discontinuer dans la petite épicerie devenue centre névralgique de l'aide à l'Ukraine en région du Centre. Ils proviennent de particuliers, d'organismes de santé (Binche Soins…), d'associations caritatives (La Croix-Rouge d'Epinois), d'écoles (le Collège de Binche) mais aussi de grandes surfaces, comme le Colruyt de Binche. Les dons viennent parfois de plus loin: le service IRM de la clinique du Parc à Maubeuge a répondu à l'appel. "Ça a pris une ampleur imprévue", s'étonne Daisy, surprise et ravie de cet élan de solidarité, qui a bouleversé le quotidien du couple.

"Heureusement, nous vivons sur place et on s'organise pour trier les biens reçus. On demande d'ailleurs à ceux qui nous déposent des dons de les trier en amont pour gagner du temps. Au mieux c'est trié, au plus vite cela arrive chez les Ukrainiens." Une fois trié, les dons sont acheminés à l'église catholique ukrainienne de Colfontaine, qui se charge du transport jusqu'en Ukraine.

Quels dons effectuer?

Pour aider un maximum de personnes, certains dons sont à prioriser, comme les fournitures médicales. "Un médecin de Morlanwelz, qui vient d'arrêter sa pratique médicale, nous a fait don de tout son stock." A contrario, "nous arrêtons les dons de textile, qui se révèlent également difficile à trier." Autres dons à éviter: les dons entamés, voire…périmés. Oui, il y en a eu.

"On a par exemple eu une bouteille de gel douche entamée, des denrées alimentaires largement périmées, des boîtes ouvertes…" Et de rappeler ce qui n'est donc pas une évidence pour tout le monde: "il faut que les dons soient corrects, dignes." Pour l'instant, deux camionnettes remplies à ras-bord ont été acheminées vers Colfontaine, puis l'Ukraine. D'ici la fin de la semaine, Smaki Polski devrait comptabiliser 5 convois. "Nous avons des Ukrainiens dans nos clients, il était inévitable que nous soyons touchés." Mais l'ampleur de la mobilisation souffle Daisy.

La Ville se mobilise

La Ville de Binche se fait également le relais de l'aide aux Ukrainiens. Un formulaire à destination des personnes volontaires pour l'accueil de réfugiés a été mis en ligne. De son côté, la maison de repos Jeanne Mertens participe à un envoi de matériel médical, via une infirmière d'origine ukrainienne, membre de son personnel. Enfin pour toutes questions relatives à l'Ukraine, une adresse électronique a été activée: ukraine@binche.be.