Centre Les victimes étaient âgées de 78 et de 82 ans au moment des faits.

Le ministère public a requis lundi, devant la sixième chambre du tribunal correctionnel du Hainaut, division de Mons, des peines de neuf et sept ans de prison, assorties d’une mise à disposition du tribunal de l’application des peines (TAP) pour une durée de dix ans, contre deux hommes poursuivis pour un vol avec violence commis à Soignies le 2 novembre 2018.

En pleine nuit, ces deux hommes armés sont entrés chez des personnes âgées, les grands-parents de l’un des prévenus. Vers 18h30, le couple était en train de regarder la télé quand le duo s’est présenté à la porte d’entrée. A.J (60 ans), qui a passé une grande partie de sa vie en prison, était armé d’une arme de poing. L’homme cagoulé a repoussé le vieil homme contre le mur et a menacé de le tuer, avant de l’attacher aux poignets et aux chevilles avec un ruban adhésif.

Ce lundi, devant le tribunal, il a minimisé les faits, déclarant qu’il ne savait pas que c’était pour voler et qu’il "ne s’en prendrait jamais à des personnes âgées". Selon les expertises en santé mentale, il présente des traits psychopatiques. Même profil pour son complice, P.K (38 ans) qui, en 1999, avait fait l’objet d’une expertise en santé mentale à la suite du viol de son arrière-grand-mère.

Les victimes étaient âgées de 78 et de 82 ans au moment des faits, "et elles gardent d’importantes séquelles psychologiques", selon leur avocat, Me Henry Van Malleghem. Des séquelles permanentes qui ont poussé le tribunal à renvoyer cette affaire devant une chambre à trois juges. La zone de police s’est aussi constituée partie civile, puisque dans leur fuite, les prévenus ont foncé dans un véhicule de police. Les policiers ont fait usage de leur arme à feu pour empêcher les deux hommes de fuir. Lors de leur interpellation, ils se sont rebellés.

Le substitut du procureur du roi précise que P.K avait proposé à A.J, autre résident d’un hôpital psychiatrique à Tournai, de faire un coup ensemble "sans aucun risque" chez ses grands-parents. "Ils ont menti durant l’instruction d’audience", constate le magistrat qui a relu les premières auditions des deux hommes.

L’accusation s’est attardée sur les antécédents des deux hommes. A.J a été condamné vingt-cinq fois et a été interné dès 1978. Des nombreux vols avec violence figurent sur son casier judiciaire avec de grosses condamnations : 5 ans, 4 ans, 7 ans, 5 ans… "Il a été interné en 2015 et a commis les faits quelques mois après avoir été libéré à l’essai", indique le procureur. Une peine de 9 ans a été requise.

Quant à P.K , il est interné depuis l’âge de 18 ans. Cinq condamnations figurent néanmoins sur son casier judiciaire. Il encourt une peine de 7 ans. Selon son avocat, il voulait mettre la main sur le coffre-fort de ses grands-parents. "L’expert dit qu’il présente des traits psychopatiques mais il n’est pas psychopathe. On ne peut pas le juger comme quelqu’un qui a des capacités émotionnelles normales. L’internement est toujours d’actualité, peu importe la peine qui sera prononcée", insiste Me Sébastien Tounkara.

La défense d’A.J, assurée par Me Benzerfa, a rejoint son confrère dans sa plaidoirie. "Il a reconnu les faits de manière formelle lors de ses auditions à la police, il s’est montré maladroit aujourd’hui. Depuis quarante ans, il a fait le tour des prisons belges. Plus jeune, il a été placé en foyer car son père était alcoolique et violent". Sur les faits, l’avocat estime que son client a été motivé par l’appât du gain. "Je suis désolé et je m’excuse", a déclaré A.J en s’adressant à la victime. Le jugement sera rendu le 29 avril.