La fermeture de la gobeleterie Durobor, déclarée en faillite en 2019, avait suscité l’émoi dans toute une région et au-delà. Trois ans après sa fermeture, l’avenir du site reste incertain. De son côté, le député Michel Di Mattia (PS) reste persuadé que certaines parties dudit site représentent un intérêt patrimonial important qu’il serait dès lors important de préserver. Le Louviérois s’est adressé à la ministre du patrimoine, Valérie De Bue (MR).

La question aurait dû être posée en séance plénière mais les dramatiques intempéries qui ont frappé le pays ont chamboulé le calendrier des discussions. C’est donc de manière informelle que les échanges entre le député et la ministre se sont poursuivis. "La reconversion du site de l’usine représente un enjeu important pour la Ville. Dès l’annonce de la fermeture, il a été question de maintenir une activité économique sur place. Du logement y est également envisagé", rappelle le député.

"Mais je plaide aussi pour que la mémoire des travailleurs de Durobor et de leur industrie puisse être sauvegardée sur place. Durobor, et pas uniquement sa façade, doit pouvoir demeurer dans la mémoire collective wallonne et, à ce titre, figurer au cœur des priorités en matière de patrimoine industriel. Pour cela, il faut une coordination entre les services de la ministre, la Sogepa qui est propriétaire du site, la spaque pour le volet dépollution et la ville."

Pour le député, c’est dès à présent que le nécessaire doit être fait pour préserver ce joyau sonégien. La ministre, de son côté, s’est montrée globalement rassurante, expliquant qu’une rencontre avait été organisée sur le site en mai dernier entre l’AWaP, l’Idea, la ville et la Sogepa afin d’évaluer le potentiel patrimonial du site dans le cadre d’un recensement. « La conclusion, c’est que les anciennes verreries pourraient être pastillées en raison de leur représentativité typologique, de leur intégrité et de leur intérêt architectural », explique Valérie De Bue.

Cette réunion devait également permettre d’évaluer les possibilités à mettre en œuvre pour sauvegarder la mémoire du site (archives papier, verres, moules, outillage de décoration,…) dans l’attente d’un projet de valorisation des collections par la ville. "L’AWaP prendrait en charge le déplacement et le stockage provisoire de ces éléments. Une convention tripartie ville/AwAP/Sogepa est en cours de rédaction pour définir les modalités pratiques."

Enfin, l’avenir du site doit faire l’objet d’une réflexion. "La Sogepa mène des études pour mieux connaitre la situation environnementale du site et les contraintes qui en découleront (pollution, amiante,…) et l’état sanitaire des bâtiments", précise encore la ministre. Les conclusions ne sont pas encore connues mais les premiers éléments évoqueraient un mauvais état et une forte pollution suspectée. La réalisation d’un masterplan est actuellement envisagée.