C’est un spectacle qui a fait chavirer les cœurs des amis de la nature à Soignies lundi dernier. En début de soirée, une vingtaine de cigognes a fait une halte autour du terrain de football, se posant sur les spots d’éclairage, sur une grue de chantier...Si tomber sur une colonie de cigognes est toujours un petit événement, c’est néanmoins de plus en plus courant. "J’en ai vu l’autre jour au niveau de la sortie d’autoroute de Mons, une cinquantaine près de Saint-Ghislain..." note Vincent Swinnen, responsable Natagora de la réserve naturelle de Marionville.

Les cigognes se rendent visibles quand elles finissent de nicher et qu’elles entament leur migration post-nuptiale vers le sud de l’Europe et le nord de l’Afrique. "Elles font ce parcours par étapes, dont la longueur dépend des conditions climatiques. Elles parcourent de longues distances par beau temps et quand les conditions deviennent difficiles, quand le vent est de face ou qu’il pleut, elles s’arrêtent un jour ou deux, cherchent de la nourriture dans les environs et repartent quand le temps s’améliore."


Si on en voit de plus en plus, "c’est parce que la cigogne est protégée depuis plusieurs années au niveau européen. De ce fait, de grosses populations se sont développées en France, en Allemagne ou en Pologne." La Cigogne blanche fait partie des espèces concernées par l'Accord sur la conservation des oiseaux d'eau migrateurs d'Afrique-Eurasie (AEWA), entré en vigueur en 1999.

Et chez nous, les cigognes nichent-elles, ou ne font-elles que passer ? "Quelques couples nichent, notamment à Virelles où un ou deux couples s’établissent chaque année. D’autres s’installent de manière sporadique ailleurs sur le territoire, notamment autour de parcs animaliers comme à Pairi Daiza ou à Plackendael, où l’on retrouve des spécimens en captivité." On en retrouve aussi près du Zwin ou en Hesbaye liégeoise.

Entamée au mois d’août, la migration australe des cigognes se poursuivra jusqu’au mois d’octobre, voire début novembre. "La encore, tout dépend des conditions météorologiques", termine Vincent Swinnen.