Le mois de janvier n’est pas encore terminé que le refuge 4 Balzanes comptabilise déjà deux saisies de poneys, toutes deux menées dans l’entité de Soignies. La première avait permis de sortir Julia des griffes de la maltraitance. La deuxième, réalisée vendredi à Thieusies, va permettre à un poney de découvrir la vie auprès de véritables amoureux des animaux. La route sera cependant longue, puisque l’état du pauvre animal laisse à désirer et que ce dernier se montre particulièrement craintif face à l’Homme.

Il y a deux ans et demi, le refuge sonégien était déjà intervenu dans cette même prairie. "Nous avions appris qu’un poney y était arrivé après notre première intervention. Nous avions donc décidé de tenir la situation à l’œil", explique Sandra Godfroid, présidente de 4 Balzanes. "À plusieurs reprises, des injonctions ont été formulées par le service du bien-être animal à l'égard du propriétaire. Mais l’état de l’animal s’est dégradé à la fin de l’été. Il peinait à se déplacer et n’avait ni abri, ni nourriture."

Les conditions de vie du poney ont finalement permis au refuge d’intervenir en parfaite collaboration avec la police et le service du bien-être animal. "Une fois que l’alerte a été donnée, tout est allé très vite. En une heure, nous étions sur les lieux pour saisir l’animal. Il est extrêmement craintif, on comprend aisément que les quelques contacts qu’il a pu avoir avec l’humain n’ont pas été positifs. Il faudra faire un travail de désensibilisation, lui prouver que tous ne lui veulent pas du mal."

D’un point de vue vétérinaire aussi, le travail sera long. "Il souffre énormément de ses pieds. Il peine vraiment à se déplacer. Le maréchal ferrant interviendra une première fois ce lundi. Une batterie de soins sera prévue, en plus du déparasitage et du vermifuge. Il est extrêmement maigre, il faudra donc le réalimenter en douceur. Aujourd’hui, la douleur le pousse à rester souvent couché mais on voit qu’il profite déjà de la paille de son box."

Si cette deuxième saisie de l’année se termine relativement bien, le refuge ne peut que rester inquiet des conditions de détention de certains animaux. "Nous sommes confrontés à des personnes qui sont persuadées de gérer correctement ou, au contraire, à des personnes qui n’en ont absolument rien à faire. Si ces personnes ne connaissent pas les besoins spécifiques des animaux qu’elles possèdent, elles passent totalement à côté et on se retrouve avec des animaux en piètre état."

Des animaux qui n’ont pas toujours la chance de survivre à leur calvaire. "Nous ne pouvons pas intervenir comme bon nous semble, nous devons composer avec la loi. Et même si la Belgique est dotée d’une loi relative au bien-être animal, on constate qu’au niveau judiciaire, ça ne suit pas ! Les remontrances, les amendes et les PV ne suffisent pas face à des propriétaires qui sont parfois récidivistes." À Thieusies, les propriétaires étaient déjà connus du milieu de la protection animale…