Centre Ludmila a organisé un sauvetage dans un élevage le 9 février.

Tous les 18 mois environ, les élevages de poules pondeuses sont vidés et les poules sont envoyées dans les abattoirs. Il s'agit d'une réalité dont peu de gens ont conscience. Afin de sauver certaines poules de l'abattoir, plusieurs associations œuvrent pour racheter ou récupérer les animaux aux éleveurs afin de les distribuer ensuite à des particuliers. Mais un tel sauvetage peut aussi venir d'initiatives personnelles.

Ludmila, une étudiante de 22 ans en sciences agronomiques, a décidé d'agir pour sauver plusieurs centaines de poules de la mort. Elle a lancé un appel sur Facebook afin de récupérer une partie des 20.000 poules d'une batterie de Braine-le-Château. "Celles que personne n'aura aidé partiront seules, abandonnées de toute humanité, comme déchets d'exploitation, en convoi vers l'abattoir où, à peine étourdies, elles seront broyées pour finir en nuggets ou en pâtée pour chat."

La jeune sonégienne ne pourra malheureusement pas toutes les sauver. "J'ai décidé d'aller en chercher 500 chez l'éleveur pour les replacer en famille", explique Ludmila. "Je ne sais pas en accueillir plus. Sachant que je les rachète à l'éleveur et que je les revends donc aux prix qu'il a fixés, soit 3 euros. Elles sont jeunes, gentilles même si elles n'ont jamais été heureuses et n'attendent qu'à faire connaissance avec l'herbe et le soleil qu'elles n'ont jamais vus. Elles arrivent seulement au pic de leur capacité de ponte."

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Presque toutes les 500 poules ont déjà trouvé un futur acquéreur alors que le sauvetage n'aura lieu que le 9 février. "Si la demande est encore aussi élevée, j'en organiserais peut-être un deuxième. D'autres personnes font cela avec moi et organisent également des points relais dans la région. Ils savent accueillir un peu moins de poules mais je pense nous pourrons sauver environ 1000 poulettes au total."

C'est la première fois que cette habitante de Naast, amoureuse des animaux, se lance dans une telle expérience. "J'ai déjà adopté 15 poules de batterie mais je n'ai plus de place supplémentaire. Je tenais tout de même à organiser quelque chose pour elles. Quand je me suis lancée là-dedans, je pensais en récupérer une centaine. Je n'aurai jamais imaginé que ça se multiplierait par cinq. Les gens sont très intéressés, certains pour les œufs, d'autres seulement leur sauver la vie. J'espère également sensibiliser les gens, au fait qu'il faut éviter d'acheter les œufs dans les grandes surfaces."