A défaut de pouvoir faire entrer le public dans ses salles, le Centre culturel de Soignies amène la culture directement au public. L'opération avait déjà été un succès cet été avec trois expositions à ciel ouvert dans le Square Bordet face à la gare, sur la Place Van Zeeland et sur la Place Verte . Et sera rééditée dès le mercredi 18 novembre avec l'exposition photographique "Blessures de Femmes".

Durant deux mois (jusqu'à la mi-janvier), il sera possible d'apprécier une vingtaine de clichés installés au Square Bordet (face à la gare) et sur la Place Van Zeeland (face à l’Espace culturel Victor Jara). Photographiées en noir et blanc, des femmes disent ce qu’elles ont subi : mutilations, agressions sexuelles, violences conjugales, inceste... A visage découvert, elles racontent leurs histoires qui sont autant de témoignages coup de poing pour prendre la mesure des violences conjugales.

Réalisée par la photographe française Catherine Cabrol, cette série d’images et de paroles est projet artistique porté par l’association française Libre Vue qui lutte contre toutes formes de violence par l’art photographique. Ce travail trouve son origine après le décès de Marie Trintignant qui était l’amie de Catherine Cabrol, une mort dont la forme et les conditions lui ont été insupportables. Elle a voulu agir par le biais de la photographie et du recueil de témoignages terribles et hallucinants.

Après avoir été reçue unanimement par la presse française et présentée au Parlement européen, l’exposition Blessures de femmes sera dévoilée pour la première fois en Belgique, à Soignies. "Elle sera visible deux mois durant dans l’espace public pour qu’elle puisse être vue de tous et pour ouvrir les yeux et les esprits sur l’inacceptable", commente le Centre culturel. "En corrélation avec la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, nous désirons ainsi, face à la barbarie, déclencher en chacun de nous un sentiment d’urgence pour lutter contre la maltraitance."