Jeudi dernier, Evelina, 52 ans, était froidement tuée par son mari Rudy. Armé d’un objet pointu – probablement une pioche – ce dernier lui avait porté un coup violent sur la partie supérieure du corps alors qu’elle dormait. Le couple était en instance de divorce et venait de mettre la maison en vente, mais avait passé la soirée au restaurant, quelques heures plus tôt donc. Ce féminicide, le 21e depuis le début de l’année 2021, a laissé le village de Strépy-Bracquegnies sous le choc.

À l’initiative du PTB et de son organisation de femmes Marianne, une action de commémoration sera organisée ce mardi soir, sur la place de Strépy-Bracquegnies à 18h30. Une minute de silence sera observée avant l’organisation de prises de parole en vue de réclamer des mesures concrètes permettant de mettre fin à ces phénomènes. "Il y a des choses à faire, à plusieurs niveaux", insiste Livia Lumia, conseillère communale PTB.

"Au niveau fédéral, nous demandons que le plan national contre les violences faites aux femmes soit discuté aussi rapidement que possible au parlement, et mis en application. Il est dans les tiroirs du gouvernement depuis le mois d’août dernier et en a été sorti le mois dernier, mais il doit encore faire l’objet de débat. Cela doit désormais relever d’une urgence. Les féminicides se multiplient, il est plus que temps d’agir."

Au niveau communal aussi, le PTB estime que des mesures doivent être prises. "Depuis le début de la mandature, nous réclamons la publication de chiffres ventilés concernant les violences faites aux femmes. La police en dispose mais dans son rapport d’activités, lorsqu’elle évoque les violences, elle ne distingue pas hommes et femmes. C’est contraire à la convention d’Istanbul, qui prévoit la publication de statistiques claires."

Une nouvelle demande devrait dès lors être formulée pour que cela soit pris en compte. "Nous avions déjà déposé une motion en ce sens en septembre 2020 mais toutes nos demandes avaient été rejetées. Nous comptons retaper sur le clou, même si nous ne savons pas encore sous quelle forme. Nous souhaitons également qu’une campagne de sensibilisation soit menée, à l’échelle du territoire, et que le numéro d’appel d’urgence soit largement diffusé."

Objectif, que les victimes de violence mais également les témoins puissent en avoir connaissance. "Trop de voisins, d’enseignants, de familles, d’amis ferment les yeux en estimant que cela ne les regarde pas. C’est faux, et ils ont la possibilité d’agir en contactant le numéro d’urgence (0800/300 30)." Enfin, le PTB réclamera l’organisation de cours d’éducation à la vie relationnelle et affective (EVRAS) dans l’ensemble des écoles fondamentales de l’entité.

"Les notions de sexisme et de violences conjugales pourront y être abordées, dès le plus jeune âge, avec un discours adapté. Il est important que les enfants y soient également sensibilisés", estime Livia Lumia. Dimanche soir, c’est à Grivegnée, en province de Liège, qu’une autre victime perdait la vie, poignardée à plusieurs reprises par son compagnon, déjà connu de la justice.