Depuis quatre semaines, les tests PCR salivaires sont à disposition du personnel des maisons de repos. De quoi permettre à l'ensemble des soignants et des autres travailleurs d'être rapidement écartés en cas de contamination à la Covid-19. Cet outil de dépistage rapide et régulier (1 fois par semaine) avec un auto-prélèvement est accueilli très favorablement à l'unanimité dans les établissements de la région du Centre. Surtout lorsque la situation a été particulièrement grave.

C'est notamment le cas aux Jardins de Scailmont, à Manage, où 83 patients sur 95 ont été testés positifs dont une dizaine sont décédés ces dernières semaines. "Cette deuxième vague nous a fortement touchés", confie Brieux Collard, responsable du paramédical dans cette maison de repos. "La moitié du personnel a aussi été contaminée. C'était à la mi-octobre. Les tests salivaires que nous avons reçus il y a trois semaines ont permis de faire un suivi pour la situation du personnel."

Même si la maison de repos manageoise aurait clairement préféré les recevoir plus tôt. "Lorsque ces tests sont arrivés, cela faisait plus d'un mois que les résidents avaient été contaminés. Il est donc clair qu'avoir un testing systématique du personnel, à raison d'une fois par semaine, avant ce pic d'octobre aurait permis d'éviter des cas supplémentaires auprès des résidents. C'est arrivé un peu trop tardivement pour nous."

"Il faut absolument que ces tests soient accompagnés d'un autre test pour l'ensemble des résidents"

La Résidence Rey, à Braine-le-Comte, est dans une situation similaire avec 68 résidents sur 110 testés positifs en octobre ainsi que la moitié des 104 membres du personnel. "Ce test salivaire fonctionne bien et permet de savoir que seuls quatre membres du personnel sont encore positifs à ce jour", signale Bénédicte Thibaut, présidente du CPAS. "Mais il faut absolument que ces tests soient accompagnés d'un autre test pour l'ensemble des résidents sinon ça n'a pas de sens. C'est ce que nous avons fait chez nous la dernière fois mais ce n'est malheureusement pas systématique."

Dans les maisons de repos davantage épargnées, les tests salivaires permettent d'assurer la stabilité de la situation. "Nous avons effectué le test une seule fois jusqu'à présent, le 25 novembre", explique Laurence Libert, directrice du nursing à la résidence Jeanne Mertens de Binche. "Tous les membres du personnel étaient négatifs. C'est très bien de disposer de cet outil et nous aurions aimé l'avoir lors de la première vague qui nous a fortement touchés."

La situation est désormais aussi maîtrisée à Ecaussinnes mais l'outil reste très apprécié. "Le personnel voit cela comme un moyen d'être rassuré", souligne Muriel Van Peeterssen, présidente du CPAS d'Ecaussinnes. "Les travailleurs sont eux-mêmes preneurs et le font bien volontiers. Par chance, les situation est globalement bonne avec très peu de cas positifs à la Résidence dè Scaussène."

Ce testing salivaire pilote était une première en Wallonie et en Belgique et il continuera d'être utilisé dans les prochaines semaines. "C’est un outil complémentaire dans la lutte contre le covid-19", expliquait la ministre de la santé Christie Morreale. "A court terme, il vise à protéger nos aînés et notre personnel dans les maisons de repos. A long terme et si les résultats sont concluants, il pourrait servir à d’autres personnes et collectivités comme les écoles par exemple."