Les habitants de la rue de Sirieu en ont marre, et le font savoir. Sur le réseau social Facebook, plusieurs citoyens théodosiens ont poussé un gros coup de gueule sur leur situation. La raison ? Une vitesse excessive des automobilistes qui effraye les habitants de la rue. À tel point qu’ils ne laissent pas leurs enfants s’y promener. "Je ne suis pas quelqu’un qui a l’habitude d’être constamment en alerte", explique Marine Denaeyer, habitante. "Pourtant, je vérifie tout le temps si ma porte de devant est bien fermée. Je sais que je ne suis pas la seule. On a peur pour la vie de nos enfants. Ils n’ont pas la même réaction face au danger par rapport aux adultes."

Un sentiment d’insécurité partagé par plusieurs citoyens, comme Manuel Lucas. "C’est essentiellement pour les enfants qu’on se bat pour trouver des solutions", déclare le Théodosien. "Ce n’est pas possible de vivre en se demandant si les prochains à passer sous les roues seront les enfants !" Il semblerait que des accidents impliquant des animaux soient récurrents dans la rue de Sirieu. Le chien et le chat de Marine se sont fait renverser par une voiture en l’espace de seulement un an. Une situation difficile à gérer pour les petits, mais aussi pour les plus grands.

Et il n’y a pas que les animaux qui ont été mis en danger. "Mon père a échappé à un grave accident alors qu’il traversait la rue", déplore Marine Denaeyer. "Il a évidemment crié après le conducteur, qui a menacé mon père en sortant de sa voiture. On va continuer à vivre dans l’angoisse ?" D’autant plus que la vitesse excessive des automobilistes impacte également le travail de Marine. La jeune femme possède un atelier au milieu de la rue. Elle nous confie limiter les sorties avec les enfants par peur, alors que ses activités se basent sur l’art et la nature.

L’ensemble des habitants a donc décidé de rédiger une lettre à l’intention de la commune. Ils réclament des solutions, face à ce problème inquiétant. Du côté des autorités communales, on est bien conscient de la situation. "Je passe moi-même en vélo sur le tronçon pavé de cette route, et je sais que c’est un passage dangereux", confie l’échevin de la mobilité, Benoît Leclercq. "Ces incivilités coûtent chers à la commune, et donc directement les citoyens. Des projets sont en cours dans plusieurs rues de Thieusies."

En attendant, les riverains essaient de trouver des solutions comme se garer en quinconce. Une possibilité qui semble fonctionner, mais qui reste à court terme. La commune avait déjà pour projet d’aménager des rétrécissements de chaussée dans le village. Des effets de porte obligeant les automobilistes à lever le pied. "Cette rue est particulièrement large dû au passage d’engins agricoles", explique Benoît Leclercq. "C’est pourquoi nous avons installé des chicanes, mais nous savons que ce n’est pas assez efficace. Nous allons étudier la possibilité d’installer des radars préventifs, qui font diminuer les courbes de vitesse." Concerné par le problème, l’échevin tentera également de placer des analyseurs comptant le nombre de passages et la vitesse des automobilistes.

L’échevin s’engage d’ailleurs à rencontrer les habitants de la rue Sirieu pour discuter des solutions possibles. Une bonne nouvelle pour Marine, Manuel et les autres Théodosiens qui attendent la réaction de la commune depuis de nombreuses années.