L’avenir du triage-lavoir de Péronnes-lez-Binche s’écrit plus que jamais en pointillés. Le 17 mars dernier, la Région wallonne, à travers son ministre du Budget Adrien Dolimont, a lancé un appel à manifestation d’intérêt autour du Triage Lavoir de Péronnes. L’objectif : trouver un ou plusieurs candidats intéressés par le bâtiment afin d’y développer une activité, suivant une formule juridique à définir. L’appel à projets était le plus étendu possible, pour ne freiner personne au préalable.

Las, cette largesse n’a pas porté ses fruits. "En ce qui concerne le devenir du site, j’attends le rapport de mon administration (…). Il apparaît cependant qu’à la date du 4 mai, aucun formulaire n’avait été remis", a indiqué Adrien Dolimont au député François Desquesnes, qui l’interrogeait sur le sujet lundi dernier en commission parlementaire. La prolongation du délai pour introduire un formulaire n’a donc rien changé.

Si le rapport complet de l’administration confirme cette absence de marques d’intérêt, la Wallonie ne mettra plus un sou dans l’affaire. "Je pense que la Wallonie n’est pas en mesure de réinvestir, surtout s’il n’y a pas de projet."

Pour François Desquesnes, cette réponse "a fermé toutes les perspectives, sauf celle d’une vente pure et simple du site par la société qui en est le propriétaire", à savoir la SA Triage-Lavoir du Centre, dont la Wallonie est directement actionnaire à hauteur de 20 % et indirectement via d’autres participations régionales à hauteur de 60 %.

En outre, les comptes de l’entreprise ne cessent de se détériorer : les comptes 2021 se clôturent avec une perte de 118 000 euros, ce qui fait monter les pertes cumulées à plus de 1 298 000 euros."A ce jour, la société n’est pas en défaut de paiement vis-à-vis de ses créanciers et a payé l’ensemble des charges d’intérêts relatives aux crédits souscrits", a précisé le ministre Dolimont.

Mais la situation ne peut pas rester en l’état. "Il relève de la responsabilité du conseil d’administration de faire une proposition aux actionnaires eu égard aux récents développements", conclut le ministre. Pour François Desquenes, au vu de la situation financière et de l’absence totale de perspectives, il n’y a plus vraiment d’options et le plan B du ministre Crucke, prédécesseur d’Adrien Dolimont, reviendra sur la table. "Sur base de la réponse donnée par le ministre, la seule possibilité qu’il restera à l’entreprise sera donc la vente pure et simple du bâtiment."

Une conclusion peu glorieuse pour un bâtiment dans lequel la Région wallonne a englouti 13 millions d’euros pour rénover son enveloppe extérieure en 2009. Opération auquel a succédé un enchaînement de désillusions...