Un peu plus de deux ans et demi. Voilà le temps qu'aura tenu l'entreprise TV Factory entre son inauguration et la mise en vente de ses bâtiments. Face au choc économique de ces derniers mois, la société n'a pas eu d'autre choix que d'être placée en procédure de réorganisation judiciaire (PRJ). Mais l'administrateur-délégué se veut d'emblée rassurant : "Ce n'est pas une faillite, contrairement à ce que j'ai pu entendre", signale Henry Alexander.

Quoiqu'il en soit, le complexe de plus de 24 000 m², aménagé et étudié pour tous les besoins audiovisuels, est à vendre. Les bâtiments installés à la rue du Gros Saule, à Houdeng-Goegnies (La Louvière), sont à acquérir pour 3 millions d'euros. Mais cette mise en vente n'a pas été décidée avec l'accord de TV Factory... 

"Une mise en vente sans même nous prévenir"

"Cela fait de nombreux mois que nous sommes en PRJ et nous sommes entrés dans une phase de transfert d'actifs qui nous protège de la faillite", explique l'administrateur-délégué. "Mais le tribunal a désigné un avocat mandataire qui devait mettre en place des actions pour valoriser les créanciers et les actifs de la société en vue d'une continuité des activités. Et c'est pour cela que cet avocat a pris lui-même l'initiative de publier une annonce à un prix non discuté qui sort de nulle part. Cela a été fait sans même nous prévenir."

En plus d'accueillir des tournages indépendants, le site de TV Factory abrite actuellement dans ses locaux trois sociétés actives dans l'événementiel mais aussi la télévision locale Antenne Centre (ACTV). Des craintes émanent forcément de ces côtés. "Mais rien n'est fait", insiste Henry Alexander. "Nous avons six mois pour trouver des solutions et sortir de cette PRJ. Nous voulons au plus vite pouvoir retirer cette mise en vente et poursuivre nos activités."

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C'est le passif de TV Factory qui pose des problèmes. "Au niveau des actifs, les comptes sont complètement à l'équilibre et nous n'avons aucun défaut de paiement vis-à-vis des fournisseurs ou des créanciers apparus après la PRJ. Nous devrons toutefois impérativement trouver une solution pour cette dette au passif. Ce n'est pas évident de trouver des fonds mais nous allons le faire, je suis confiant. TV Factory n'est pas encore mort."

D'ailleurs, les activités et tournages prévus pour les prochains mois se poursuivront sans encombre. Du côté d'Antenne Centre, la situation semble cependant plus compliquée. TV Factory ouvre toujours la porte à la télévision locale mais les problèmes financiers que traversent ACTV et les incertitudes de TV Factory ne permettraient pas de prendre de risque. La télévision n'aurait donc d'autre choix que de retourner à la rue de la Tombelle, là où se trouvent toujours la rédaction et ses anciens studios.

Ce sont en tout cas plusieurs mois cruciaux qui s'ouvrent désormais, tant pour Antenne Centre que pour TV Factory. "Si aucune solution n'est trouvée avant la mi-avril 2021,  un scénario qui ne se produira pas selon moi, nous retournerons au tribunal pour faire ce constat. La PRJ serait alors levée pour aboutir soit sur un arrangement avec les créanciers, soit une prononciation de faillite qui ne tomberait pas avant le mois de juin. Mais je suis convaincu qu'on n'arrivera pas à cela", ponctue Henry Alexander.