La confirmation a été donnée plus ou moins à demi-mot par le bourgmestre de La Louvière, lors du dernier conseil communal. Les Écuries d’Écaussinnes sont actuellement en négociation avec Duferco pour développer un centre équestre de niveau international au cœur du parc Boël… Ce même parc dont les citoyens espèrent enfin pouvoir profiter alors qu’il était jusqu’ici et depuis toujours fermé au public.

"Je confirme que nous avons été informés de ce projet et qu’il y a un accord des parties quant au fait que le parc deviendrait accessible au public", a ajouté Jacques Gobert (PS), sans réellement parvenir à rassurer. Il faut écrire que les ambitions des Écuries d’Écaussinnes sont grandes. Dans une vidéo promotionnelle diffusée sur la page Facebook de la structure, Christophe Ameeuw annonce vouloir donner une vraie crédibilité au sport équestre en le mettant sous les projecteurs.

"Plus que jamais, nous voulons rendre à la région ce qu’elle nous a donné, ce qu’elle nous offre. On voudrait créer, ici à La Louvière, un pôle équestre et un rendez-vous international. C’est un magnifique projet sur le château Boël, sur le site industriel de Duferco. Nous allons réinventer, réhabiliter ce site grâce à un événement équestre international. Je pense que c’est important pour la région, cela lui donnera une image sportive, olympique."

À ce stade, on n’en sait pas beaucoup plus sur cet ambitieux projet. Mais l’approche des jeux olympiques de 2024 suscite l’enthousiasme des équipes des Écuries d’Écaussinnes, qui emploie quelque 50 personnes et dispose de bureau en France, en Suisse, en Chine et aux États-Unis. "Nous serions idéalement situés puisque très proches de Paris. Nous pourrions devenir un point de rendez-vous pour ces jeux en accueillant les sponsors, les meilleurs cavaliers du monde, les propriétaires, les industries équestres à La Louvière. Ce serait une belle fierté."

Personne ne crachera dans la soupe : accueillir pareil projet dans la Cité des Loups pourrait avoir des retombées positives et faire rayonner la ville. Mais les questions restent nombreuses dans le chef des citoyens, qui craignent d’être, une fois encore, mis devant le fait accompli. "On sait enfin ce qui est prévu pour le Parc Boel, ces 25 hectares de verdure au cœur de notre ville que beaucoup de citoyens rêveraient de voir être préservés et ouverts intégralement au public. Mais les plans de Duferco, d'un investisseur privé et de la ville seraient différents », pestent-ils sur la page Facebook « Pour un parc Boël public."

"En effet, ce parc est visiblement destiné à accueillir à très brève échéance... un centre d'entrainement équestre ! Oui, une partie du parc serait convertie en pistes pour des chevaux. Après les exemples de la Strada et Imagix, les louviérois sont-ils encore prêts à accepter que des dossiers aussi importants se discutent et se négocient dans les coulisses, loin du public ? Sommes-nous prêts à laisser ce parc devenir totalement ou partiellement un terrain d'entrainement pour des chevaux de concours ?"

Plus que jamais, les Louviérois ont l’envie d’avoir leur mot à dire et que les promesses de réouverture au public formulées par la majorité – qui n’a cependant pas toutes les cartes en main, le projet dépendant de la volonté de privés – soient tenues. Une pétition a d’ailleurs été lancée en ce sens.