Le Gille de Binche ne quitte jamais sa ville, mais son costume, lui, peut voyager. Et parfois très loin! Un costume de Gille a ainsi été retrouvé dans une boutique de seconde main, en Australie. Et la patte de la Cité des Remparts y est bien inscrite.

"On retrouve sur les costumes des acronymes qui permettent de reconnaitre le louageur qui a confectionné le costume. Sur celui-là, on retrouve les lettres KG en référence à mes grands-parents, Armand Kersten et Claire Godeau. On le voit aussi aux lions. Pour la plupart des gens, tous les costumes de Gille sont les mêmes. Mais il y a des détails qui permettent de reconnaitre le louageur", explique Louis Kersten, louageur binchois. "Mon grand-père a travaillé jusqu'à sa mort en 1976. Le costume remonte donc au plus tard à cette année. Quant au chiffre 48 qui apparaît en dessous de l'acronyme, c'est la taille."

Le costume aurait été trouvé dans la boutique australienne par une dame qui devait avoir quelques notions sur notre folklore. Elle a en effet eu la bonne idée de porter l'habit jusqu'à l'ambassade de Belgique où l'on essaie à présent de comprendre comment le costume de Gille a pu atterrir là. "Ils nous ont contactés pour en savoir un peu plus. Nous nous renseignons. Avec nous de notre côté, et eux du leur, nous devrions bien finir par savoir quel chemin ce costume a parcouru", sourit Louis Kersten en évoquant le "mystère du Gille".

Des costumes de Gille qui voyagent, ça arrive. "Nous avons parfois des gens de la région qui partent vivre à l'étranger et qui nous demandent un costume en souvenir", explique Karl Kersten, également louageur à Binche. "J'ai par exemple eu d'anciens militaires qui sont partis vivre en Allemagne et qui, en tant qu'amoureux du folklore, voulaient emporter un costume avec eux. J'ai aussi eu un restaurateur qui s'est installé en Italie et qui a exposé un costume dans son établissement."

On peut même trouver un costume de Gille en Afrique du Sud. Mais celui-là est exposé dans un musée. "La Province du Cap en Afrique du Sud est spécialisée dans l'élevage d'autruches et ils nous fournissent des plumes", poursuit Karl Kersten. "Un éleveur est un jour venu à la rencontre des louageurs pour voir comment nous travaillions. Il est reparti avec un costume et un chapeau qui sont exposés dans un musée sud-africain consacré à la plume d'autruche."

© D.R.