Un chien en cage à la sortie d’autoroute de La Louvière, un chat à donner dans un immense carton posé sous un abribus, un chien attaché à un arbre, un autre maltraité et victimes de coups,… Ce lundi, ces scènes qui font toutes parties du quotidien de nombreux animaux ont été reproduites par les bénévoles de la SPA de La Louvière, qui entend par cette action choc susciter le questionner et la réflexion chez le citoyen.

Cette fois, ce sont heureusement des peluches qui ont pris la place de véritables animaux. Mais le malaise n’en est pas moins présent. "Certains passants sourient d’abord de voir cela car ils aperçoivent d’abord les mascottes", précise Gaëtan Sgualdino, président du refuge. "Lorsqu’ils lisent le message, le sentiment est différent. Ce sont des situations très malaisantes, qui font pourtant partie de notre quotidien lorsqu’on récupère ces animaux abimés par la vie."

L’action s’inscrit dans le cadre de la journée mondiale des animaux et s’étale dans toute l’entité louviéroise. "Sur la place Mansart, on a installé un chat qui distribue des chatons (en peluche) aux passants. J’ai eu l’occasion de discuter avec une dame qui me disait ne pas savoir qu’il était interdit de donner des chats et chatons sur internet. Le sien, elle l’a obtenu via Instagram. Lorsque j’ai demandé s’il était stérilisé, elle m’a répondu que non, mais qu’elle le ferait un jour. Ce genre de situation génère des naissances incontrôlables et donc énormément de malheur."

La SPA rappelle ainsi qu’elle accueille encore 240 chats entre ses murs et que près de 3000 animaux attendent leur nouvelle famille dans les refuges wallons. "C’est largement assez pour que personne ne soit obligé à aller en élevage ou en animalerie", insiste Gaëtan Sgualdino. "On a reproduit des scènes que l’on a vécu, en tant que bénévole. On a par exemple récupéré un chat qui avait été abandonné par sa famille parce qu’il avait vomi sur la PlayStation…"

Des situations qui font froid dans le dos et auxquelles les amis des animaux tentent de mettre fin. "On espère créer de l’émotion et faire réfléchir les personnes que l’on croise pour que les comportements puissent changer durablement, pour que certains se rendent compte à quel point leur réaction est inapproprié. On sait par exemple que de nombreuses personnes acceptent de soigner un chat errant sans en faire davantage, parce qu’après tout, ce n’est pas leur animal…"

En matière de bien-être animal, le travail est donc encore long, très long.

© D.R.