La directrice des ressources humaines se sent moins seule dans les postes à responsabilité.

Le hasard du calendrier fait bien les choses dans la Cité des Remparts. Le dimanche 8 mars était marqué par la journée internationale des droits de la femme et diverses manifestations. Ce lundi encore, les syndicats organisaient des grèves intersectorielles pour souligner toute l'importance des femmes dans le monde du travail et dénoncer les inégalités.

En écho à ces différentes manifestations, la police de Binche-Anderlues annonce qu'elle vient de recruter sa toute première commissaire. Signe que là aussi, les choses évoluent. La zone peut en outre compter sur une femme pour diriger les ressources humaines et la logistique.

"Ça fait du bien dans l'organisation d'avoir des femmes", commente Laurent Raspe, chef de corps de la police Binche-Anderlues. "Elles ont parfois une autre vision que les hommes, ça apporte un point de vue complémentaire et ça enrichit l'équipe."

Et pour les deux principales intéressées, se faire une place dans un monde qui reste essentiellement masculin n'a pas été perçu comme un défi à relever. "Ça a sans doute été plus difficile pour les premières femmes qui sont entrées dans la police, dans les années 70. Mais depuis, les mentalités ont évolué. Peut-être suis-je bien tombée dans les différentes zones où j'ai travaillé. En tout cas, je n'ai jamais ressenti de difficultés parce que j'étais une femme", explique Valérie Rombaux, directrice des ressources humaines et de la logistique.

De son côté, la première commissaire de la police de Binche-Anderlues n'a pas eu l'impression de devoir percer un plafond de verre, mais se posera peut-être des questions sur sa carrière dans un futur proche. "Nous étions un tiers de femme dans ma promotion. Hommes ou femmes, nous avons tous reçu la même formation. L'important, c'est que la bonne personne soit à la bonne place, peu importe son genre", souligne Anne-Catherine Duvivier. "Je n'ai pas eu l'impression que c'était plus difficile pour moi de devenir commissaire parce que j'étais une femme. Pour la suite de ma carrière, on verra. Peut-être que si je fonde une famille, je devrais faire des choix."

Question que peu d'hommes se posent, sans doute. "Dans les ménages, il y a un partage des tâches plus important que par le passé. C'est vrai que c'est parfois compliqué, dans un couple, que les deux mènent carrière. Mais ce n'est pas toujours la femme qui se met en retrait. Là aussi, les mentalités évoluent. Nous sommes sans doute à la croisée des chemins. Et s'il y a eu des avancées, il reste encore du chemin à faire", conclut Valérie Rombaux.