C’est toute une vie qui s’effondre pour Cindy. Habitant le numéro deux de la rue Nivelloise au Roeulx, elle vient d’apprendre le lancement des démarches d’expropriation de sa maison alors qu’elle consultait l’ordre du jour du conseil communal. Une démarche qui n’est particulièrement pas appréciée par la Rhodienne. "J’ai commencé à m’inquiéter quand j’ai vu que le bâtiment de la poste, au numéro un, était en vente", explique Cindy Dury. "Quelqu’un travaillant dans le privé est venu, peu de temps après, m’approcher pour savoir si j’étais intéressée de revendre ma maison. J’ai évidemment décliné, après tous les investissements que j’y ai mis."

Ayant pris contact avec les autorités communales, une proposition aurait été sur la table en échange d’un appartement. Une situation inimaginable pour la femme. "On parle d’un appartement contre une maison de quatre chambres et de deux salles de bain", déplore Cindy. "Et même si je partais autre part, je ne retrouverai jamais un bien comme le mien au prix où je l’ai eu. Je ne peux pas me permettre autre chose, et ça voudrait dire que je vais devoir quitter Le Roeulx."

Bien plus qu’un bien matériel, cette maison représente des souvenirs importants pour Cindy, qui a perdu son fils il y a presque deux ans. "Ça me déchirerait le cœur de partir", explique la maman. "Mon fils est enterré, ici au Roeulx. Et je ne m’imagine pas devoir trouver une maison ailleurs qu’ici." Cindy a donc immédiatement contacté certains conseillers de l’opposition, comme Laurence Rassart (PS). "En tant que maman moi aussi, je trouve cela insoutenable qu’on puisse faire ça à quelqu’un. C’est évidemment un dossier compliqué à gérer. Je soutiens la rénovation urbaine, mais pas de cette manière. On ne peut pas ajouter de la peine à quelqu’un qui souffre déjà tellement."

Pour rappel, la Ville du Roeux a pour projet de rénover son centre-ville. Il ne se limite pas à la réhabilitation de logements, mais concerne tout l’environnement. L’opération de rénovation urbaine du quartier a été approuvée par le ministre wallon, Christophe Collignon. Sur une durée de 15 ans, plusieurs projets seront menés à bien comme la construction de logements à la rue Nivelloise.

Mis au programme du jour du conseil communal à huis clos, le dossier doit être voté entre les différents conseillers. C’est d’ailleurs en raison de ce huis clos que le bourgmestre, Benoît Friart, n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet. La conseillère, Laurence Rassart, tentera de défendre le cas de Cindy, lundi prochain. Cette dernière perd espoir. "J’ai déjà contacté des personnes pour tenter un recours, mais on m’a clairement fait comprendre que ça n’a presque pas de chance d’aboutir. Rendre publique mon histoire semble être ma seule chance…"