Depuis juin 2019, l’ensemble des communes doivent respecter l’interdiction d’utiliser des pesticides dans tous les lieux publics. Alors forcément, les mauvaises herbes prennent un malin plaisir à s'inviter partout où cela est possible. Les cimetières sont inévitablement une proie facile pour ces plantes indésirables. Elles poussent entre les allées et transpercent les graviers pour parfois donner des allures de chancre à ces lieux de recueillement.

Une alternative se développe toutefois un peu partout pour contrer ce fléau : laisser gérer la croissance des plantes… par les plantes. C’est-à-dire en choisissant les plantes qui vont prédominer, on appelle cela la "verdurisation" ou "végétalisation". Et les trois cimetières de la commune d'Estinnes vont rejoindre le mouvement.

"Nous avons opté pour la verdurisation des cimetières, lieux hautement pulvérisés de pesticides, plutôt que le désherbage manuel ou mécanique car les avantages de la végétalisation sont plus nombreux", souligne la commune d'Estinnes. "C’est plus rentable et c’est un avancement dans la façon de percevoir nos cimetières."

Ainsi, la verdurisation des cimetières consiste à planter des végétaux couvre-sol entre les tombes, espaces difficiles d’accès pour les machines, à apporter un peu de vie en développant diverses actions : des aménagements végétalisés ; des plantes variées, mellifères, indigènes ; l'accueil de la faune et de la flore indigènes ; l'entretien raisonné des végétaux ; l'ajout de poubelles sélectives temporaires ainsi que la formation du personnel à la gestion différenciée.

"La végétalisation des cimetières est bénéfique pour réconcilier les hommes et la nature, nature que les humains ont toujours eu tendance à détruire dans les cimetières", poursuit la commune. "En plantant des végétaux dans les cimetières, on rend un peu de place à la faune et à la flore. On invite celles-ci à repeupler nos cimetières. Cela nous donne l’envie de rendre visite plus souvent à nos proches décédés et cela crée une atmosphère calme et ressourçante."