La situation concurrentielle n'est pas problématique selon lui.

Alors que la troisième souscription à la Coopérative des betteraviers transformateurs (CoBT) vient de se terminer avec de très bonnes nouvelles, le projet de construction d'une méga-sucrerie à Seneffe ne semble désormais plus connaître d'obstacle. La future usine, qui tournera avec une capacité journalière de 14 000 tonnes de betteraves, s'implantera donc dans une industrie sucrière belge organisée autour de deux entreprises et trois sites de productions.

D'un côté, Iscal Sugar et sa sucrerie à Fontenoy qui peut travailler 12 000 tonnes de betteraves par jour, de l'autre, la célèbre Raffinerie tirlemontoise qui possède une sucrerie à Tienen, d'une capacité journalière de 12 000 tonnes, et une autre à Wanze qui travaille jusqu'à 18 000 tonnes de betteraves par jour. Etait-il opportun d'ajouter un nouvel acteur en Belgique ? "Selon différentes études, la réponse est oui. Mais il est clair que sa venue ne sera pas neutre pour les acteurs aujourd'hui déjà présents, en termes notamment de sources d'approvisionnement en betterave", admet Willy Borsus (MR), ministre wallon de l'agriculture, interrogé par la députée Jacqueline Galant (MR).

Il s'avère en effet que la CoBT offrira une meilleure rémunération pour les agriculteurs qui se sont inscrits dans ce projet : la marge de transformation sera incorporée dans le prix d'achat de la betterave. "Les planteurs sont confrontés à des conditions de prix d'achat de leur production qui rendent la rentabilité de la production de betterave aléatoire, et faible par rapport à ce qu'on a connu dans le passé. Face à cela, les producteurs ont étudié des solutions afin de mieux valoriser leur production agricole en produisant eux-mêmes, et en commercialisant directement le sucre."

Avec ce nouveau système, la concurrence risque donc d'être réelle. D'autant plus que l'usine utilisera des technologies de pointe. La dernière sucrerie neuve construite en Europe date de plus de 20 ans. "Ce projet est innovant du fait de sa conception", insiste Willy Borsus. "Elle permet une valorisation de tous les coproduits dérivés de la production sucrière, et une plus faible consommation énergétique. Et il offre des capacités de stockage et, par conséquent, une flexibilité au niveau des ventes."

"Mais je souhaite vraiment faire passer un message : ce projet ne s'inscrit absolument pas contre les intervenants existants. Je tiens à souligner l'importance industrielle, que ce soit de la Raffinerie tirlemontoise ou ISCAL. Les terres qui ont été implantées en betterave, la superficie des terres a diminué au fil du temps. Vous savez que d'autres spéculations concernant le blé, et cetera sont confrontées aussi à des prix d'achat des matières produites extrêmement bas. Confronté à cette situation, le monde agricole réagit de différentes façons, et notamment au travers des projets de cette nature-là."