Rarement les tensions n’auront été aussi vives, entre majorité et opposition, dans la Cité des Loups. Visiblement arrivées à leur paroxysme, celles-ci se sont conclues par des promesses surprenantes et surtout indignes d’un élu local. Sur la toile, Antonio Gava (PS), échevin en charge des travaux, a diffusé des menaces à l’égard du conseil communal d’opposition, Xavier Papier (Plus&CDH), sous une publication Facebook de ce dernier.

"Tu as donc fustigé (devant témoins) l’administration louviéroise. Je le rappellerai en temps utile. Et s’il y a bien quelqu’un qui ne veut pas d’ennuis, c’est moi, mais ton couteau dans le dos, je le retiens. Un beau dossier va sortir sur tes promesses. Et puis j’ai vécu mon enfance avec beaucoup de gamins de Maurage, n’oublie pas. Allez, on se revoit bientôt", écrit l’échevin socialiste. Des propos qui, évidemment, ne passent pas.

"Où en sommes-nous arrivés ? Je suis profondément choqué par ces menaces. Je dois me méfier de combien de sabres ?", réagit Xavier Papier. "Après les attaques en justice sur ceux qui osent s'exprimer, journalistes, lanceurs d'alertes, on en arrive maintenant à des menaces sur l'opposition politique ??? De la part d'un Échevin ? Mais nous ne sommes pas en Corée du Nord !!!"

Pour le Louviérois, le dérapage est total. "Il est temps de rappeler que nous vivons en démocratie. Il est donc interdit dans cette Ville de critiquer la gestion de la majorité (et jamais je n'ai critiqué des personnes mais bien un système), il est interdit de réclamer que des ouvriers puissent faire leur travail en toute sécurité, il est interdit d'aller contre le pouvoir en place... C'est de la dictature de la pensée unique. Et ce type de comportements, qui met une chape de plomb sur notre Ville, doit disparaître. C’est fini de tolérer."

Et de conclure : "Nous sommes là pour faire avancer des projets, gérer cette Ville qui n'appartient pas à un groupe pensant que tout lui est permis. C'est faire revivre notre Ville qui importe. Et que chacun sente qu'il est libre de s'y exprimer. La Politique ce n'est pas ce triste spectacle donné depuis des mois... Ce n'est en tout cas pas ma politique."

"Je m'excuse, je n'ai jamais fait de mal à personne"

Contacté, Antonio Gava a immédiatement reconnu un dérapage. "Sur la forme, je m’excuse sincèrement, je me suis trompé, je me suis mal exprimé. Ces propos sont ambigus et laissent penser que je suis capable du pire", admet-il. "Je n’ai jamais fait de mal à personne et je n’en ferai jamais. Je ne suis pas menaçant, je n’ai pas d’arme, pas plus que d’amis capables de blesser volontairement quiconque. Je ne suis pas un mafieux."

Sur le fond en revanche, le Louviérois persiste et signe. "Je maintiens que j’ai des choses à dire, à divulguer, notamment sur des promesses que Xavier Papier a maintes fois formulées sans jamais les honorer." Entre les deux hommes, le torchon brûle… Avec le risque que l’incendie ne s’étende à l’ensemble d’une assemblée censée représenter le peuple… À qui il n’offre finalement qu’un triste spectacle de ce que peut être la politique.