Comme chaque année, il est temps de tirer le bilan pour les zones de la police belge. Pour celle qui couvre les communes d'Écaussinnes, du Roeulx, de Soignies et de Braine-le-Comte, les policiers n'ont pas faillit à la tâche. Avec plus de dix milles heures de patrouilles, la présence des équipes sur le terrain lors de l'année dernière est à la hausse. Malgré les restrictions liées à la situation sanitaire, le service d'ordre a voulu se montrer actif. C'est plus de dix milles PV qui ont été dressés, un bilan positif. " Nos équipes n'ont pas baissé en motivation", explique le Chef de Corps, Bernard Bastien. " Le taux de maladie a rarement dépassé les 7%, ce qui est un chiffre honorable quand on connaît une telle crise." D'autant plus, que la charge de travail des policiers de la zone n'a pas diminué, bien au contraire.

Mais la bonne nouvelle, c'est que la criminalité a largement diminué dans l'ensemble des faits avec une baisse de 8,06%. Et c'est dans les vols qualifiés dans habitations que la diminution est la plus significative. Avec 28% de faits en moins constatés, c'est l'ensemble des communes qui a été moins touché lors de l'année 2020. "Les butins étaient essentiellement des bijoux, de l'argent et du multimédia", déclare Bernard Bastien. "Nous avons remarqué que les risques étaient plus élevés surtout le jeudi entre 20h et 23h, le vendredi matin et le soir mais aussi le samedi à partir de 17h." Même pendant le couvre-feu, les voleurs sont actifs. Toutefois, il est indéniable que les situations de confinement ont joué un rôle dans cette baisse de vols dans habitations. La présence des personnes au sein de leur domicile et la circulation restreinte dans l'espace public a freiné les ardeurs de certains. 

Une situation sanitaire inédite, qui a également impacté les dégradations et vandalisme de biens immobiliers. Sur l'ensemble des communes, les faits passent de 390 en 2019 à 342 en 2020. Et là encore, les mesures de restriction n'y sont pas pour rien. "Durant le mois d'août, nous avons observé que 28 faits ont été constatés en 2020 alors qu'ils étaient au nombre de 43 en 2019", commente le commissaire divisionnaire. "Les rassemblements étant interdits, les casseurs étaient beaucoup moins présents dans l'espace public et c'est une bonne chose." Seule Écaussinnes compte une légère augmentation. Cela s'explique par un groupe d'individus identifié qui sévissait dans la région. 

Quant aux stupéfiants, les faits sont en légère diminution. Pour les policiers, l'effet de la crise du coronavirus est encore une fois réel. "La surveillance de l'espace public a fortement impacté les deals dans les rues", constate le Chef de Corps. "Ce n'était pas non plus la priorité numéro une de mes hommes. C'est pour cela que les chiffres montrent une baisse." D'autres appuient également cette théorie, puisque le deuxième semestre de l'année 2020 a été plus calme que le premier. Par contre, un phénomène est lui en hausse : celui des cultivateurs. "Les cultures de cannabis se développent dans l'ensemble du territoire", souligne Bernard Bastien. "Nous en ferons une priorité cette année pour endiguer le problème.

Les chiffres sont moins bons pour les violences intrafamiliales. L'augmentation est minime, d'à peine 2%, mais ce fléau est encore d'actualité. Selon le Chef de Corps, après une réunion avec le Procureur du roi, les chiffres ne montrent pas une corrélation évidente avec les confinements. "Il est difficile d'expliquer le lien avec la situation actuelle", explique le commissaire divisionnaire. "Nous avons intentionnellement toujours ouvert nos bureaux pour recevoir des témoignages. Le nombre de faits dénoncés ne reflète certainement pas la réalité. Peut-être qu'avec la présence du conjoint au sein du domicile, les compagnes n'ont pas osé parler." Un nouveau système est d'ailleurs mis en place dans la zone pour aiguiller au mieux les policiers, comme la création d'un canevas de série de questions types. Les policiers reprennent également contact avec la victime, systématiquement, deux mois après la dénonciation des faits. 

Les coups et blessures volontaires sont eux aussi en hausse, avec 222 faits sur l'ensemble des communes. Les conflits entre voisins et et les rebellions face aux autorités expliqueraient cette augmentation. 

Malgré tout, les autorités communales et les autorités policières restent satisfaites du travail de l'année 2020. "On aurait signé à deux mains ce bilan avant cette année, mais on aurait pas signé pour la crise qui a suivi."