C'est le cadeau que de nombreux bourgmestres auraient aimé ne pas voir apparaître sous leur sapin. Les dotations communales de 2021 pour la zone de secours Hainaut-Centre viennent d'être imposées par le Gouverneur de la Province de Hainaut, Tommy Leclercq. Et la note est beaucoup plus salée que prévu pour de la plupart des communes.

La Ville de Binche connait la plus forte augmentation par rapport au projet initial avec une dotation d'1,41 million d'euros (+205 000 euros). Suivent ensuite Soignies (+189 000 euros), Braine-le-Comte (+113 000 euros), Manage (+99 000 euros), Frameries (+98 000 euros) ou encore Boussu (+91 000 euros). En revanche, ce projet sourit à deux communes en particulier. Dont la Ville de Mons (-914 000 euros) et La Louvière (-464 000 euros).

Habituellement, la dotation annuelle des communes vers la zone de secours est approuvée dans le courant du mois de novembre. Mais aucun accord n'a été trouvé cette année suite notamment à des refus de Mons et La Louvière qui voyaient leur montant augmenter drastiquement dans le projet initial. Puisqu'aucun consensus n'a été trouvé, c'est le Gouverneur qui a été chargé de trancher et d'imposer des montants sur base d'une série de critères (dont 96,5% pour le critère de la population).

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Cette annonce et ces augmentations ont inévitablement créé des désaccords au sein des communes touchées par une forte augmentation. La Ville de Braine-le-Comte a par exemple convoqué un conseil communal en urgence le 30 décembre afin d'émettre un recours contre la décision du Gouverneur. "Vingt-deux villes et communes voient leur dotation exploser, profitant seulement à six autres dont surtout Mons et La Louvière. Dès lors, sur ma proposition et en concertation avec d’autres villes et communes, le Collège communal souhaite aller en recours", explique le bourgmestre Maxime Daye.

Ce recours doit être déposé auprès de la Ministre de l’Intérieur avant le 3 janvier. C'est pourquoi les communes d'Hensies, Enghien vont aussi faire voter un point en urgence pour aller en recours tandis d'autres communes comme Jurbise et Soignies y réfléchissent. Du côté de Boussu, cela a même déjà été voté ce lundi soir. "Selon cette nouvelle clé de répartition, la commune de Boussu est appelée à intervenir à hauteur de 839 537 euros au lieu de 748 322 euros", confirme l'échevin Jean Homerin (PS), échevin. "C’est une décision inadmissible", estimait-on du côté du groupe Agora, rejoint par le groupe Echo.

Pour toutes ces communes pénalisées, ces augmentations interviennent alors que les budgets prévisionnels pour 2021 ont souvent déjà été votés. "Si rien ne change, notre budget de devra être réformé et nous aurions un mali  de près de 35 000 euros", peste Maxime Daye. "Ce qui me chagrine le plus, c'est qu'il y avait eu un accord politique sur le long terme précédemment."