En l’espace de deux ans, le nombre d’inoccupés a en effet explosé, il a doublé.

Réduire le nombre de logements inoccupés : ce sera la priorité numéro 1 de la Sambrienne pour les deux années à venir, annonce son président.

C’est indispensable : la situation se détériore. En l’espace de deux ans, le nombre d’inoccupé a en effet explosé, il a doublé. "Nous en étions à 700 appartements et maisons vides au 1er janvier 2014. A la fin 2015, on en recense 1.400."

Ce qui est non seulement politiquement intenable dans une région aussi exposée aux dégâts de la crise que celle de Charleroi, mais aussi contraire aux prescrits de la loi, qui plafonne le taux d’inoccupés à 10 % du parc locatif, soit un millier.

Comment a-t-on pu en arriver là ? Hicham Imane (PS) avance deux explications : le manque de personnel d’abord. L’effectif actuel ne permet pas de faire face à toutes les tâches techniques et administratives qu’impose la remise en location d’un bien. Il faut en effet en contrôler l’état, remettre en conformité, remplacer l’équipement défectueux, améliorer le confort quand c’est possible. Ensuite, la Sambrienne souffre d’un déficit de moyens financiers.

Ces deux "maux" ont trouvé des remèdes. "Nous avons en effet prévu de recruter sept travailleurs supplémentaires pour renforcer nos équipes et mettre en place un service qui ne sera dédicacé qu’à la gestion des inoccupés. Par ailleurs, nous avons attribué un marché de 6,5 millions de travaux à un partenaire extérieur : la société Hullbridge sera chargée de reconditionner des logements pour les remettre au plus vite dans le circuit", indique Hicham Imane.

"Ce ‘rattrapage’ ne s’effectuera bien entendu pas en quelques jours, il s’étalera sur plusieurs mois, et même des années. Ce marché doit permettre de réduire, mensuellement, d’une trentaine notre nombre d’inoccupés. Avec le travail de notre service technique, qui y a affecté une trentaine d’ouvriers, la volonté est de revenir à terme dans une fourchette de 450 à 600 biens inoccupés, ce qui nous semble être le seuil incompressible. Mais nous visons toutefois le zéro logement inoccupé habitable, seuls doivent rester vide ceux qui ne conviennent pas à la location."

Pour accélérer le processus, la Sambrienne a lancé un plan de vente reprenant des biens en mauvais état, ou vétustes. "Ce plan est un succès puisque 85 % des acheteurs sont d’anciens locataires."

Actuellement, la liste d’attente pour obtenir un appartement ou une maison sociale totalise 3.000 demandeurs.

Jumet : le logement qui totalise 27 refus !

Les familles qui se l’étaient vues attribué ont décliné la proposition

Il y a à la Sambrienne des logements que tout le monde se dispute : ils sont récents, situés dans des quartiers verts et attractifs. Il en existe aussi que personne ne veut. L’exemple le plus éloquent, c’est celui de cet appartement de l’Allée Verte à Jumet, qui totalise… 27 refus.

A 27 reprises en effet, les familles qui se l’étaient vues attribué ont décliné la proposition. "Pas à cause de la qualité du bien et de son équipement qui sont tout à faits conformes", nous dit-on à la société de logement. "A cause de l’environnement anxiogène du quartier et du sentiment d’insécurité."

Quelle solution à ce problème ? Pour Hicham Imane, il faut revoir le code wallon du logement qui autorise un demandeur à dire non si le bien ne lui convient pas. "On n’a aucune raison de s’y opposer si les arguments sont valables. Dans le cas d’une personne sans voiture que l’on déracine du quartier où elle vit depuis 20 ans et a ses habitudes, ou d’une famille monoparentale que l’on déplace de Couillet à Gilly avec de trop longs trajets entre la maison et l’école, un refus est tout à fait compréhensible. Par contre, si ce n’est que pour des raisons de convenance personnelle, ça ne va pas."

C’est en sa qualité de député wallon que le président de la Sambrienne veut porter ce dossier et déplacer la décision du demandeur à un comité de recours, qui serait chargé d’examiner la pertinence des réserves exprimées.