De l’aveu même du parquet, Alain n’avait pas le profil typique d’un délinquant. Cela ne l’a pas empêché d’avoir été l’auteur d’une scène de mœurs sur la petite Cindy (prénom d’emprunt), la petite-fille de son épouse. Pour le papa de Cindy, l’accusation était farfelue. La justice en a décidé autrement, ce mardi.

Pour Me Lepied, qui représentait les intérêts de la mère de Cindy, l’accusation reflétait la vérité. La jeune mineure avait même été traumatisée par les faits et ne faisait plus confiance aux hommes, se sentait mal à l’aise et s’en voulait. « Elle est victime de crises d’angoisses et de larmes. » Le 23 août 2018, Cindy avait interpellé sa maman pour lui dire « des choses graves » après avoir visionné la série « 13 Reasons Why ».

C’est à ce moment-là que Cindy avait confié à sa mère que son « papy » lui avait demandé, durant les vacances de Pâques passées dans le sud de la France, de lui embrasser le sein au détour d’un parking, à l’abri des regards et des caméras de surveillance, en rentrant au bungalow loué par la famille. « La jeune fille a accepté et son papy a baissé son pantalon en lui demandant de se faire toucher le sexe. Mais là, elle a refusé mettant un terme à la scène », précisait Sandrine Vairon, procureure de division de Charleroi.

Une expertise de crédibilité donnait entièrement crédit à la version de Cindy. « Il y a eu quinze critères de crédibilité qui ont été relevés sur la victime. Ce qui veut dire qu’il y a une très forte probabilité que les faits aient eu lieu. » La procureure de division de Charleroi souhaitait qu’une sanction pénale soit prononcée pour enfin reconnaître le statut de victime de Cindy. Compte tenu du profil d’Alain, une mesure de faveur était également envisagée.

Ce mardi, Alain obtient un sursis probatoire de 5 ans avec la condamnation à 10 mois de prison. Il devra, notamment, entreprendre un suivi spécialisé pour les auteurs d’infraction à caractère sexuelle et s’interdire de tout contact avec des mineures en l’absence d’un adulte.