Les faits reprochés à l'ex-policier étaient nauséeux et ignobles! L'ex-policier était poursuivi pour viols et d'attentats à la pudeur sur sept victimes durant une quinzaine d'années, dont son fils adoptif. Une des ex-petites amies du fils adoptif, presque majeure à l'époque des faits, a dénoncé le triangle amoureux des plus curieux qu'elle a vécu durant sa relation sentimentale. 

"Elle s'est rendu compte de la relation fusionnelle qu'avait le prévenu pour son fils. Le père était jaloux", indiquait Sandrine Vairon, procureure de Division de Charleroi. D'après le témoignage de la jeune fille, Dimitri demandait des "nudes" à son fils ou "s'incrustait" dans les relations sexuelles du couple. "Elle se trouvait dans la chambre avec son copain. Le prévenu est arrivé avec de l'alcool et du cannabis. Ce dernier et son fils ont joué à faire l'hélicoptère. Puis le prévenu a insisté pour que son fils et sa belle-fille fassent l'amour sous ses yeux. Il donnait des conseils à la jeune fille sur la manière de bouger son bassin, durant l'acte, ou comment faire une bonne fellation."

Alcool, marijuana et sexe

Entendu en 2020, le fils adoptif de Dimitri avait confirmé subir le comportement pervers de son propre père depuis 2002 et ses 9 ans. "Vers 14-15 ans, il y a eu des masturbations et ensuite des fellations. Sans oublier les passages dans la chambre de son père pour y faire des câlins. Tout s'est arrêté quand le fils a rencontré sa compagne en 2014", confirmait le parquet. Face au tribunal, l'ex-policier avait admis entretenir une « relation fusionnelle » avec son fiston.

Par la suite, d'autres langues se sont déliées. Deux amis à la principale victime ont raconté des soirées arrosées à l'alcool et au cannabis au domicile familial. "Le fils faisait venir ses copains à la maison. Les victimes le disent, c'était comme s'ils étaient dirigés par un gourou et que le temps s'arrêtait dès qu'ils pénétraient dans la maison." Au fil de la soirée, Dimitri profitait des victimes en leur proposant des "branlettes-parties". À chaque fois, ce fut le même mode opératoire. Le prévenu lançait un film porno et tout le monde se mettait nu. Dimitri profitait de la situation pour passer à l'acte avec des fellations et des masturbations sur les copains.

Poursuivie pour non-assistance à personne en danger sur son fils et sur son filleul, Annie jurait n'avoir rien vu. Et les éléments du dossier ne permettent pas de retenir que la mère était au courant des abus commis sur son fils, tout comme ceux commis sur son filleul. Un acquittement au bénéfice du doute a donc été prononcé.

Comme requis par le parquet, Dimitri a écopé d'une peine de 15 ans de prison, avec une mise à disposition du TAP de 10 ans. Son profil pédophile, ainsi que son attitude lors de l'instruction d'audience et le fait qu'il a commis de nouveaux faits sur son filleul alors qu'il était en plein suivi psychologique inquiétait particulièrement le parquet.