Charleroi, capitale de la pauvreté

D. A.
Charleroi, capitale de la pauvreté

La ville doit attirer plus de revenus moyens

CHARLEROI De capitale sociale de la Wallonie, Charleroi devient capitale de la pauvreté. Une ville non seulement pauvre, mais aussi de pauvres. La fiscalité y rapporte beaucoup moins qu’ailleurs. Et la politique d’austérité instituée par la majorité communale sous l’impulsion de la tutelle wallonne peine à compenser le manque de recettes.

C’est ce qu’il ressort de l’analyse comptable et budgétaire à laquelle s’est livré au conseil communal le receveur Eric Wartel. Quand le précompte immobilier rapporte à Liège près de 300 € par habitant par an, son rendement n’est que de 203 € à Charleroi, soit moins de 70 %. 

Il en va de même de l’impôt des personnes physiques : 179 € d’IPP par habitant à Charleroi, pour 230 à Liège et 251 en moyenne en région wallonne. L’écart se creuse, l’augmentation des taux n’y change pas grand-chose.

C’est d’autant plus inquiétant que le resserrage des boulons des dépenses ne suffit pas au redressement. L’échevin CDH des Finances insiste : “on est déjà à l’os”. Toutes les charges qui pouvaient l‘être ont été réduites. On pourrait ajouter : au détriment de la qualité du service public. En 2011, Charleroi n’a pas consacré plus d’argent qu’en 2006 au paiement de son personnel.

En tenant compte de l’inflation, cela représente une baisse de 11 %. On la retrouve dans la réduction de l’effectif : 372 équivalents temps plein ont disparu en l’espace de 5 ans. Deux : Charleroi a ralenti son train de vie, ses dépenses de fonctionnement ont reculé de 22 % depuis le début de la mandature.

C’est ainsi que la ville n’y consacre que 168 € par habitant par an alors que Liège en est à 264. Une bonne gestion de la dette a permis à Charleroi d’en diminuer l’impact sur ses finances communales : elle coûte deux fois et demi moins que dans la cité ardente. Mais cela ne suffit pas : les résultats se dégradent, sous l’effet de l’inflation des dépenses de transfert au profit de la zone de police et du CPAS, dont la dotation a augmenté de 40 %. Elle représente 163 € par habitant par an contre 124 à Liège et l’on peut déjà annoncer que le renforcement de la dégressivité des allocations de chômage va encore aggraver le problème.

Quelles solutions pour en sortir ? On n’en distingue que deux. La première, c’est attirer de nouveaux habitants à revenus moyens. La seconde, obtenir de nouvelles aides additionnelles : un double défi pour le prochain collège communal.



© La Dernière Heure 2012

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