Les colleuses féministes sortent la nuit

Elles viennent d’installer six nouveaux messages dans l’espace public.

D.A.
Les colleuses féministes sortent la nuit
©Alizee Gregorio Gonzalez Solis

Elles sont une petite dizaine de militantes féministes. Anonymes mais déterminées. Elles ont choisi le langage du collage pour interpeller le passant et entrer en dialogue avec les consciences : les colleuses de Charleroi viennent à nouveau de frapper, en marge de l’action de la plateforme ruban blanc. "Nous avons installé six nouveaux messages dans l’espace public", explique la fondatrice. Ces messages se trouvent à des endroits de grand passage, pour une visibilité maximale. Certains placés voici six mois ont échappé au taguage et à la destruction. D’autres ont été modifiés : éduquer ses garçons et protéger ses filles est devenu : éduquer ses garçons et ses filles. Ça n’a plus de sens, poursuit la responsable. Raison de plus pour multiplier les actions.

Les colleuses sortent la nuit, en petits groupes. Le collectif des "collages féministes de Charleroi" du nom de leur compte Instagram n’a jamais détérioré quoique ce soit. Un peu de glu et des affiches, rien de plus. "L’enjeu, c’est de montrer à quel point les lois qui garantissent l’égalité des sexes comportent des lacunes", dénoncent-elles. "Il reste encore beaucoup de chemin à faire".

Les colleuses féministes sortent la nuit
©Alizee Gregorio Gonzalez Solis

Pour la première fois, C. a participé à l’opération. "Pour avoir déjà vu des collages sur le web ainsi que dans des quartiers de ma ville, j’avais envie de vivre l’expérience personnellement. J’ai vraiment ressenti du plaisir et un sentiment de libération à m’impliquer de manière active", raconte-t-elle. La clandestinité a ajouté du piment à l’aventure. Près de la gare de Charleroi, sur les quais de Sambre, rue de Montigny, de nouveaux messages ont fleuri : "aimons-nous vivantes", "leur haine, nos mortes", "féminicide, justice complice. Plus de moyens et moins de paroles", etc. "Au-delà des violences faites aux femmes, des agressions, viols ou féminicides, il faut lutter chaque jour contre cette culture de la domination masculine qui se banalise", témoigne la militante.

Le collectif "collages féministes de Charleroi" était né voici un peu plus d’un an, au lendemain du féminicide d’Aurélie (31 ans) à Châtelet. Il faut désormais compter avec lui.

Les colleuses féministes sortent la nuit
©Alizee Gregorio Gonzalez Solis

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