Double homicide à Goutroux: les parties civiles demandent la culpabilité des trois accusés

Les avocats des parties civiles ont plaidé mercredi, devant la cour d'assises du Hainaut, la culpabilité des trois hommes dans le box des accusés. Gheorghita Balan (31 ans), Marin Filimon (43 ans) et Aurél Nichiforean (39 ans), sont accusés d'un vol avec violence commis à Goutroux le 25 avril 2017, avec plusieurs circonstances aggravantes, dont les meurtres de Nicole Paternoster et de Michel Masuy.

Double homicide à Goutroux: les parties civiles demandent la culpabilité des trois accusés
©BELGA

MM. Filimon et Nichiforean sont accusés d'une tentative de vol qui a eu lieu à Gozée le 30 janvier 2017. Il est aussi reproché au premier d'avoir détenu 10 munitions de calibre 16, le 29 avril 2017 à Charleroi. Le deuxième aurait usé d'une fausse carte d'identité, au nom de Catalin Micea, un patronyme qu'il aurait porté publiquement alors qu'il ne lui appartenait pas.

Me Michaël Donatangelo représente la famille de Michel Masuy et de Nicole Paternoster, "une famille détruite, mise KO par les trois accusés qui n'ont manifesté aucune empathie".

Le pénaliste est convaincu que l'auteur des coups portés au couple Masuy-Paternoster est Gheorghita Balan. "Il a frappé, comme un lâche, gratuitement, deux personnes âgées, en présence d'une gamine âgée de trois ans." L'avocat a montré aux jurés les photos du visage des victimes, quelques minutes après l'agression. "C'est de l'acharnement !", s'est-il exclamé.

Le 5 août 2017, Nicole Paternoster est morte des suites de ses blessures occasionnées lors de l'agression dont elle fut victime le 25 avril 2017. "Sept fractures, quatre hématomes. Impossible d'être précis sur le nombre de coups, mais des coups portés avec force. Elle a servi de punching-ball à un boxeur."

Michel Masuy a succombé le 18 octobre 2018. "Il a été emprisonné dans son corps jusqu'à son décès, conséquence des coups reçus à la tête, trois à cinq coups assénés avec force."

Me Nabil Khoulalene soutient que Marin Filimon et Aurél Nichiforean sont co-auteurs des faits commis à Goutroux "au-delà de tout doute raisonnable", ajoutant que chacun a joué son rôle "comme cela était prévu", dans un délai de 26 heures.

L'avocat ajoute que les trois hommes ont réalisé un repérage la veille des faits pour identifier les lieux et profiler les victimes. "Ils sont revenus, durant la nuit, pour un début d'exécution. Ils ont été mis en fuite par le chien du voisin." Le 25 avril 2017, le trio revient dans la maison. "Filimon fouille l'habitation pendant que Balan frappe les victimes. Nichiforean est chauffeur de la voiture", a affirmé l'avocat des parties civiles.

La présence de Gheorghita Balan est établie par ses aveux ainsi que son ADN retrouvé dans la maison, sur le pull de Nicole Paternoster et sur le sweat noir qu'il portait. Son GSM a activé une borne proche des lieux des faits, dans un temps proche au cours duquel le crime a été commis. Enfin, il correspond à la description faite par la petite fille, témoin.

Les parties civiles affirment que Marin Filimon était aussi dans la maison de la famille Masuy. Toutefois, il n'a laissé aucune empreinte génétique. "Il y a un élément qui nous permet de penser qu'ils sont deux dans la maison. Il y a une trace de gants sur une boite retrouvée dans la chambre de madame Paternoster. Il y a donc un non-ganté, Balan, et un ganté, Filimon, dont les gants ont été retrouvés dans sa chambre, rue de Turenne à Charleroi."

Aurel Nichifolean les attendait dans la voiture, selon la version des parties civiles. "Il a conduit les deux auteurs, comme il le dit lui-même." Nichiforean et Filimon sont partis sans Balan qui, à deux reprises, à 16h50 et 17h50, appelle Nichiforean, lequel ne revient pas le chercher.

Complices ou coauteurs ? Pour les deux pénalistes, Nichiforean et Filimon ont chacun apporté une aide essentielle dans la commission des faits, ce qui les rend co-auteurs de vol avec violence.

Concernant la circonstance aggravante qu'un double meurtre a été commis pour assurer l'impunité, les avocats estiment que l'intention de tuer est établie sans aucun doute pour Balan, qui a frappé exclusivement à la tête.

Pour les avocats des parties civiles, la question des coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner, posée par la défense de Balan, ne doit pas être posée.

Pour les deux autres accusés, les parties civiles estiment que les violences étaient prévisibles et acceptées. "Filimon est dans la maison, il profite que Balan frappe les victimes pour fouiller. Il part, laissant les victimes dans leur sang. Nichiforean les a conduits chez les victimes, sachant très bien que des violences allaient être commises, pouvant éventuellement provoquer la mort." Me Khoulalène ajoute qu'ils ne se sont jamais désolidarisés de Balan.

Les derniers annonces avec LOGIC-IMMO.be