Spatial: "L'Europe veut mettre un lanceur à disposition des start-up, gratuitement une fois par an"

Le commissaire européen en charge du spatial, Thierry Breton, a profité de sa visite à Charleroi pour souligner plusieurs points de sa politique.

Spatial: "L'Europe veut mettre un lanceur à disposition des start-up, gratuitement une fois par an"
©van Kasteel

En déplacement à Charleroi pour visiter Thales Alenia Space et inaugurer la future "mega factory" de satellites d'Aerospacelab, le commissaire européen en charge du spatial Thierry Breton a fait plusieurs annonces lors de sa prise de parole officielle.

"L'Europe est la 2e puissance spatiale et compte bien la rester", a-t-il insisté. "Nous opérons déjà deux constellations souveraines de satellites, Galileo (GPS) et Copernicus (photographies de la terre). Et nous souhaitons lancer, avec plusieurs Etats Membres et notamment la Belgique, une troisième constellation souveraine. Elle sera axée sur la communication sécurisée et la cryptologie, sur toute une série de petits satellites, qui pourront aussi servir à des applications gouvernementales et militaires. On l'a vu avec l'agression russe en Ukraine, il est important d'avoir des communications souveraines qui peuvent prendre le pas si le matériel terrestre ne fonctionne plus pour une raison ou une autre."Il en a profité pour faire un appel du pied à Thales Alenia Space. C'est Pétra De Sutter, vice-première et ministre des télécommunications, qui vient préciser les intérêts d'un service de communication depuis l'espace: "Ce ne sera pas pour un accès Internet ou téléphonique au grand public en tout temps, où les installations terrestres seront plus efficaces, mais ça a un intérêt certain. Que ce soit dans un contexte de guerre, de catastrophe naturelle comme les inondations de juillet 2021, ou une surcharge du réseau terrestre lors de grands rassemblements sportifs, sociaux ou festifs, ou encore pour des endroits éloignés de toute installation terrestre."

Deuxième annonce du commissaire, il veut axer sa politique spatiale sur l'industrie privée. Et plus spécifiquement le "new space", en développement rapide aux USA et en Europe, où des petits satellites moins robustes mais aussi moins chers, pourront améliorer la couverture spatiale de toute une série d'application (récolte de données, télécommunications, observations, etc.). "Il faut faciliter l'accès au capital des start-up, pour que l'innovation puisse se faire. Même les grands acteurs historiques ont un pied dans le new space désormais. L'Europe a donc mis un milliard d'euros sur la table pour aider ces innovateurs à lancer des produits. L'ESA, l'agence spatiale européenne, doit servir de client de référence à ces nouvelles industries."

Dans ce cadre, il avait deux annonces à faire. D'abord, spécifique et qu'il a adressée notamment à Aerospacelab qui construit avec Sambrinvest une méga-usine qui sortira dès 2025 pas loin de 500 satellites par an de ses lignes de production : "Pour moi, la constellation européenne Copernicus doit être complétée par le new space, par des start-up européennes. Il faut des petits satellites de dernière génération pour renforcer l'observation de la terre et apporter de nouveautés à nos équipemements traditionnels."

Deuxième annonce, plus large, c'est sa volonté de mettre à disposition "des places gratuites sur des lanceurs européens, une fois par an, à des start-up. Pour qu'ils envoient des choses dans l'espace et testent leurs idées et leurs innovations."

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