Il a claqué au sol la tête d'une femme dans un restaurant: le parquet évoque le caractère homophobe de la violente attaque

David et Jennifer sont suspectés d'être les agresseurs des quatre victimes. Mais le parquet n'insiste pas sur la circonstance aggravante d'homophobie, ne pouvant rien prouver: c'est la parole des unes contre la parole de l'autre.

Il a claqué au sol la tête d'une femme dans un restaurant: le parquet évoque le caractère homophobe de la violente attaque
©D.R. (Ath, 2021)

« Capable ne veut pas dire coupable. » Cette citation formulée par Me Druart résume parfaitement bien la situation judiciaire pour la moins défavorable de David, son client. Condamné à de multiples reprises par la justice pour des faits de violence (tentative d'assassinat, coups et blessures, etc.), l'homme ne comparaît pas pour la première fois devant un tribunal correctionnel.

Et ce sont des faits extrêmement graves qui lui sont une nouvelle fois reprochés depuis plusieurs mois maintenant. On parle ici de coups et blessures sur quatre femmes, dont deux d'entre elles forment un couple, dans un restaurant bondé de Charleroi. Une circonstance aggravante est également reprochée au prévenu et à sa compagne de l'époque: un mobile d'homophobie qui serait à l'origine des faits.

Une scène dans les toilettes

Le 2 juillet dernier, les parties civiles célèbrent l'anniversaire d'un neveu autour d'un bon repas au restaurant. Tout allait bien jusqu'à ce fameux passage dans les toilettes. Encore aujourd'hui, difficile de déterminer avec exactitude ce qu'il s'est passé dans les cabinets. D'un côté, on évoque des insultes, des remarques à caractère homophobe. Du côté de Jennifer et de David, on invoque une agression subie par l'une des adolescentes du couple, âgée de 14 ans. David précise que la maman est allée demander des comptes, avant que la situation ne dégénère en une véritable tornade de violence. « Mais moi, j'ai simplement été séparer les gens. Je n'ai jamais porté de coups », se défend le père de famille.

Jennifer, elle, confirme bien s'être battue avec la présumée agresseuse de sa fille. Pour éclairer le tribunal correctionnel sur les circonstances des faits, le parquet a tenu à visualiser trois scènes filmées par les caméras de surveillance du restaurant. Et le constat est sans appel pour le substitut Vervaeren. « Rien que sur la troisième scène, on voit le prévenu porter des coups aux victimes. On le voit mettre une des femmes au sol, avant de lui claquer la tête par terre. »

Un caractère homophobe pas prouvé

Lors de son réquisitoire, le substitut du procureur est également revenu sur cette circonstance aggravante de mobile d'homophobie. Là aussi, les données sont simples. « Les victimes parlent d'une agression à caractère homophobe. Je dirais que c'est vraisemblablement, probablement ce qu'il s'est passé. Mais au-delà de tout doute raisonnable, je ne peux pas le prouver », estime le parquet, qui décide donc de ne pas insister sur cette circonstance aggravante.

Par contre, l'insistance a été de mise sur le casier judiciaire de David et ses nombreuses condamnations pour violence. « Mais c'est un bon samaritain, qui sépare tout le monde et est contre la violence », ironise le substitut Vervaeren. Une peine de 4 ans de prison est requise contre le prévenu, en état de récidive. Pour la désormais ex-compagne, deux ans de prison sont sollicités.

Du côté de Me Druart et de Me Massaux, c'est un acquittement qui est plaidé pour les deux prévenus. Les avocats estiment qu'il s'agit plus d'une bagarre générale que d'une agression à sens unique.

Jugement le 30 juin.

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